Critique: School Day of the Dead

Publié le par Rick Jacquet

SCHOOL DAY OF THE DEAD

School day of the dead
Titre original : Shisha no gakuensai
2000 - Japon
Genre : Thriller
Réalisation : Tetsuo Shinohara
Scénario : Teruo Abe et Tamami Yamada d'après l'écrit de Jirô Akagawa

Musique : Hajime Mizoguchi
Avec : Kyôko Fukada, Thane Camus, Shuntaro Hani, Tomoka Hayashi, Yôzaburô Itô et Masaya Kato

Yuko, Jeune lycéenne mal dans sa peau, se suicide en se jetant du toit de l’école, laissant derrière elle une pièce de théâtre relatant une idylle entre un professeur quadragénaire et une lycéenne survenue dans son lycée 80 ans plus tôt auparavant. Pour lui rendre hommage, les élèves se battent pour continuer à mettre en scène la pièce. Mais un tueur semble roder dans l’école.

Avec un titre pareil, on s’attendait à tout, sauf à ça. Et les premiers instants du film vont dans la direction à laquelle on s’attendait, comme pour mieux se jouer du spectateur. School day of the dead. On s’attendait à un film de fantôme japonais comme il en arrive tant sur nos écrans. Et durant une bonne vingtaine de minutes, on a l’impression d’en voir les prémices. Une lycéenne se retrouve sur le toit du lycée, regarde derrière elle, et tombe. La dernière chose qu’elle laisse derrière elle est une pièce de théâtre qu’elle a écrite, parlant d’une histoire vraie selon laquelle un professeur d’allemand ayant laissé sa famille là bas aurait eu une relation avec une autre fille, qui lui jouait le Clair de lune de Debussy depuis le piano de l’auditorium. La fille se serait suicidée en se jetant du toit de l’école. Immédiatement, on pense que la première partie prépare les apparitions, et le retour de ce fantôme, dont l’âme n’est pas en paix depuis, surtout qu’une pièce sur sa vie est en train d’être mise en scène. Et finalement, grosse surprise, et une bonne, le film n’est pas du tout ainsi. Plutôt que de jouer comme souvent la carte de l’épouvante, le film prend plutôt la voie du thriller. Point de fantômes derrière cette histoire, juste une intrigue plutôt bien ficelée, avec des moments pouvant ouvertement faire penser aux gialli de la bonne époque italienne. Les jeunes jouant les rôles principaux de la pièce (notamment les filles, comme pour les gialli) sont les cibles d’un étrange tueur, séjournant à l’école, vêtu de gants noirs en cuir. Ses armes sont variées : voiture, ceinture pour étrangler, sabotage des spots de lumières de l’auditorium.

Comme souvent, une liste de personnages pourrait bien tenir le rôle du tueur. On pense à ce professeur louche ayant une dent contre une étudiante pour l’avoir aperçue sortir d’un love-hôtel, ou encore à ce gardien de la  galerie d’art rentrant toujours à des heures improbables chez lui. Le scénario, malgré quelques petites fautes de goûts par moment, distille assez bien ses indices et laisse le temps de décrire les différents personnages pour que l’on puisse s’y attacher et en profite pour nous mettre quelques retournements de situations forts bienvenus. Ces lycéens sont tout sauf stupides, et cela fait vraiment plaisir à avoir. Le mystère s’épaissit au fur et à mesure que le film avance, mais les personnages savent réagir en fonction des évènements, n’en faisant ainsi pas des écervelés comme dans certains films américains. La pièce de théâtre finalement jouée devant tout un public lors de la dernière partie du métrage est ainsi un très grand moment. La réalisation, elle, s’avère plutôt classique et sobre, mais reste en tout point efficace, évitant d’en faire trop, voir de tomber dans le ridicule. Il est dommage de constater que le film traîne quelques longueurs et que certains personnages importants semblent un peu trop en retrait pendant un long moment, mais il reste un divertissement plutôt sympathique et agréable à suivre, et surtout surprenant, cachant bien son jeu, et ne se révélant que dans ses derniers moments.


NOTE: 13/20
En bref: Quelques maladresses et longueurs, mais le film est plutôt sympathique, et son intrigue bien trouvée.

Publié dans Critiques

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