Critique: Sharktopus

Publié le par Rick Jacquet

SHARKTOPUS

Sharktopus
Titre original : Sharktopus
2010 – Etats Unis
Genre: Monstre pas content
Réalisation : Declan O’Brien
Musique: -
Scénario :  Mike Maclean

Avec Eric Roberts, Sara Malakul Lane, Michael Gaglio, Kerem Bursin et Kyle Trainor

Un groupe de scientifiques créé pour le compte de la marine américaine une redoutable machine à tuer contrôlée à distance, à mi-chemin entre le requin et la pieuvre, afin de régler les problèmes de contrebandes et autres. Malheureusement, l’aventure tourne mal et la bête échappe à tout contrôle, bouffant ainsi à tous les râteliers sur une petite plage mexicaine.

Imaginez un peu le mix. A la production, Roger Corman, qui livra des petites productions opportunistes mais agréables il y a fort longtemps (rien que comme ça, de tête, on peut citer Piranha de Joe Dante et La Galaxie de la Terreur de Bruce D. Clark) mais depuis plus habitué à des Dinocroc ou Supergator, produisant un métrage pour le compte de la chaine Syfy (oui oui, les fameux qui nous livrent une dizaine de films de monstres tout pourris par an). Là déjà rien que comme ça, on a peur. Bon, si en plus, on ajoute que le scénariste a signé Dinocroc VS Supergator, que le réalisateur, Declan O’Brien, a signé le plus mauvais opus de la saga Détour Mortel (le 3, mais il s’est rattrapé un peu avec le 4) et qu’on nous met sur le devant de la scène Eric Roberts, habitué des séries B voir parfois très Z, on ne sait plus où donner de la tête. Alors si on ajoute qu’en plus, ça nous parle d’un monstre géant (forcément), croisement entre un requin (parce que les Shark Attack, Swamp Shark et autres, ça ne doit plus rapporter assez) et une pieuvre (parce que Octopus, c’était bien naze quand même), plus rien ne nous retient. La vision de ce Sharktopus devient donc indispensable à tout amateur de nanar qui se respecte. Et à la vue de la bête, oui, il faut le voir, tant le film accumule les bêtises et moments de bravoures nanardesques les plus impressionnantes qui soient. Vous voilà prévenus. En fait, il y a tellement de choses à dire sur le métrage qu’il est très dur de savoir par quoi commencer. L’histoire, les personnages, le requin-pieuvre, les effets spéciaux, le rythme, les acteurs, la réalisation ? Bon, commençons par le commencement. Sharktopus, c’est une vilaine bête, créée bien entendue par l’homme. Dans le rôle du méchant scientifique, on retrouve Eric Roberts, le fameux. Ceci dit, il sera le seul acteur à sortir un tant soit peu du lot. Et donc, la fameuse bébéte entre en scène très rapidement. Oui, cher lecteur, dés la scène d’ouverture, nous pourrons admirer le talentueux travail des créatures d’effets spéciaux numériques de chez Syfy…

Après une courte introduction filmée avec les pieds, abusant de zooms et de plans pas très fixes, nous pourrons admirer notre superbe créature s’en prendre à un requin qui allait dévorer une charmante demoiselle. Et en 4 minutes, le requin finit par s’échapper, notre grand Eric Roberts va devoir monter une équipe pour partir à la recherche de la bête et… Ben voilà, c’est tout pour l’histoire en fait. Un postulat de base très simple vu et revu depuis des dizaines d’années déjà. Et dés le début, on sent que l’on va passer un grand moment (j’ai dit « grand », pas « bon ») ! Comme dit plus haut, la mise en scène de la bête est juste catastrophique, filmé n’importe comment, sans recherche du bon cadrage. Je pense pouvoir dire sans me montrer qu’aucun plan du film n’a réellement de gueule. Bon après, vous me direz, ce n’est pas ce qu’on recherche dans ce genre de métrage, mais là, on a vraiment l’impression que le directeur de la photo et que les techniciens se sont barres en cours de route. Le scénario, très classique vu qu’on connaît le schéma depuis le temps, nous propose des personnages caricaturaux au possible. Eric Roberts le grand méchant, sa fille qui ne lâche jamais son ordi (même la bête derrière elle, elle ne lâche pas prise), et le grand mercenaire payé pour récupérer la bête, vivante bien entendu. Censé être un gars qui a fait la guerre, être un mercenaire qui en a bavé, on se retrouve avec un acteur beau gosse d’environ 25 ans qui passera la quasi totalité du film avec sa chemise ouverte, et l’enlèvera bien entendu pour la fin. Le reste des personnages, il n’y a rien de spécial à en dire. Ils ne font tous que de rapides apparitions avant de servir de plat de résistance pour la bête. Ah si, il y aura une journaliste et son caméraman, très peu crédible, et bien entendue, avide de scoops. Bon donc, juste là, autant le dire, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. D’autant plus que si pour les femmes, notre mercenaire est souvent en short et chemise ouverte, pour les hommes, les nanas sont la plupart du temps juste en bikini, et se font manger la seconde qui suit.

Heureusement, oh grand heureusement, comparé à beaucoup de produits fauchées du genre, le film fait intervenir son monstre assez régulièrement. En fait, il ne se passe pas 10 minutes sans que l’on ai droit à une petite attaque. Il fallait bien ça, car quand ça parle, on s’ennuie un peu. Donc, notre monstre, notre requin-pieuvre, le fameux Sharktopus, ben, il a faim, et dés qu’il peut, il bouffe tout ce qui lui passe sous la  tentacule. Honnêtes travailleurs, touristes, filles en bikini seules sur la plage, un couple faisant du saut à l’élastique, des gens sur un jet-ski, rien ne l’arrête. Mieux (Pire ?), notre monstre ne va pas se contenter de rester dans l’eau. Dieu, enfin non, Eric Roberts ayant doté un requin de tentacules, celui va se servir de ça pour rejoindre la terre ferme et continuer son carnage sur les  terres mexicaines… Enfin, mexicaines, vite dit, tout le casting parlant anglais et rien ne nous indique qu’il s’agît vraiment du Mexique… Enfin, le requin, oui, il bouffe un peu tout le monde, attrape les acteurs dans ses tentacules (numériques), sautille hors de l’eau comme une princesse, va se balader un peu dans les rues. Un grand festival de n’importe quoi tellement hallucinant qu’il parvient par moment à être extrêmement drôle. Si bien que chaque apparition de la bête est attendue avec impatience. Et comment ne pas parler de ce film tout à fait prévisible. Le méchant créateur forcément subit la vengeance de sa création, la gentille survit, le mercenaire plus fort que tout affronte la bête, les personnages pas gentils meurent, la bête forcément meurt aussi, les enfants sont vivants, eux, bien entendu. Sharktopus, oui, c’est du produit DTV bas de gamme signé Roger Corman et Syfy, donc on sait à quoi s’attendre. Mais en le prenant comme tel, il ne s’en sort pas forcément trop mal. Il fait rire, et c’est déjà pas mal. Prit comme un film « normal » par contre, on ne pourra pas en dire la même chose, tellement tout est mauvais à tous les points de vus.

 

+
-

Ben, y a des trucs marrants

Mal filmé
Parfois chiant
Personnages transparents

Monstre mal fait

 

NOTE: 06/20
En bref: Yeah, Syfy et Roger Corman ensembles, ça donne Sharktopus. Ben c’est parfois drôle, mais ça reste quand même bien nul.

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