Critique: Silver

Publié le par Rick Jacquet

SILVER

Silver
Titre original: Silver - shirubaa
1999 - Japon
Genre : Policier
Réalisation: Takashi Miike
Musique: -
Scénario: Hisao Maki et Saburô Takemoto
Avec Atsuko Sakuraba, Kenji Haga, Rumi Kazama et Hisao Maki


Un soir, toute une famille est massacrée à la tronçonneuse par un fou, contrôlé par les yakusa. Trois ans plus tard, l’unique survivante de cette famille, qui a été étudié le karaté aux Etats Unis, s’infiltre dans un réseau de criminels à tendance sadomaso pour tenter de découvrir le meurtrier, en utilisant ses talents au combat.

Voilà un film plutôt méconnu de Takashi Miike (mais pas inconnu), à ne pas confondre avec le film américain du même nom. Réalisé pour la télévision, Silver comporte son lot de défauts et son lot de qualité, et devait au départ être le premier épisode d’une série de films, qui n’a jamais vu le jour. Mais finalement, arrivé à la fin du métrage, on ne sait pas vraiment quoi penser, si l’on a envie de voir la suite, qui n’existe pas, où s’il faut s’arrêter là, ce qui est de toute manière la seule option possible. Car soyons clair, le film cultive les opposés, de manière souvent ridicule, mais contient tout de même suffisamment d’intérêt pour que l’on suive l’histoire jusqu’à la fin. Paradoxe ! La touche de Miike a beau être là, même très souvent, ça ne sauve pas le film de ses nombreux défauts. Après un début en fanfare, avec cet hommage (pompage) à Massacre à la tronçonneuse, et ce Leatherface contrôlé par les yakuza, le film continue sur sa lancée en laissant à Takashi Miike son énergie créatrice, qui va lui tourner un tour par la suite. Car tout le film va baigner entre bizarreries excellentes et scènes beaucoup trop longues, idées de génie et foutage de gueule. Quel dommage ! Dans un premier temps, le film va alterner, en gros, scènes de combats à mains nues, scènes sadomaso, et scènes de dialogues. Et dans un premier temps, cela fonctionne plutôt bien. Les scènes de combats, très classiques, sont pourtant assez dynamiques, et se laissent suivrent, qu’il s’agisse de combats de catch ou de rue.

Miike va relativement bien exploiter cet aspect du personnage, mais c’est plutôt l’actrice qui cloche. Pour ce qui est de se battre, pas de soucis, et de montrer son énorme poitrine, non plus, mais pour ce qui est d’avoir l’air convaincante, ce n’est pas toujours ça. Passé ça, que reste-il dans le film ? Pas grand-chose à vrai dire. Il reste les scènes sadomaso. Et là, Miike se lâche totalement dans ses idées et sa mise en scène, on retrouvera d’ailleurs plusieurs idées dans ses films ultérieurs. Seulement là où les idées s’avèrent excellentes, et peuvent dégoutter ou faire rire, c’est selon, Miike casse un peu l’effet en étendant un peu trop la durée de ces scènes. Le spectateur en aura tout de même pour son argent, entre fessées, pénis géant fouetté, dégustation d’urine, incitation à la sodomie masculine. Ça aurait pût être amusant si ce n’était pas si long. Néanmoins, il est vrai que l’on ne passe pas un moment désagréable, mais on pouvait attendre bien plus de ce cocktail concocté par l’infatigable Miike. Passé un certain stade, son film ennuya, faute de nouveautés, de renouvellement. Et ce n’est pas la (longue) scène de sexe avec miss gros seins qui va nous réveiller. Bien trop longue, cette scène durant bien 5 bonnes minutes n’ajoute rien à l’histoire, et achève le spectateur. Et c’est dommage, car juste après cette scène viendra de nouveaux personnages dans l’histoire, ce qui sera la force de cette fin de métrage, mais également sa faiblesse.

En effet, il faut se rappeler que Silver devait être le premier épisode d’une série de films qui n’a jamais vu le jour, et donc, que le film se coupe net, en plein milieu de l’histoire, et ça fait vraiment mal. Les dix dernières minutes en profitent pour nous introduire de nouveaux personnages, plutôt intéressants, et surtout, pour nous poser quelques questions, qui ne trouveront jamais de réponses. C’est bien dommage, car le final ne nous laissera pas le temps de souffler, allant beaucoup plus rapidement que le reste du film, et Miike laissera un moment ses délires de côté pour faire évoluer l’histoire. On en viendrait presque à regretter les délires précédents, ce qui aurait permit de boucler l’histoire en 1h20 plutôt que de nous laisser sur une sorte de « à suivre » qui ne trouvera jamais de fin. Malgré ses défauts, Silver se laisse suivre avec plus ou moins d’intérêt, malgré ses quelques temps morts, à condition d’en supporter les nombreux excès en rapport avec le sexe. On y retrouve la marque d’un auteur, mais qui se serait en quelque sorte lui-même perdu dans son œuvre, à force de vouloir y mettre trop de choses et d’étendre ses scènes. Dommage.


NOTE: 11/20
En bref: Un Miike mineur, où le mauvais est au côté du meilleur. Le film démarre vraiment quand il se termine. Des scènes intéressantes et amusantes, d’autres bien trop longues à côté.

Publié dans Critiques

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