Critique: Sucker the Vampire

Publié le par Rick Jacquet

SUCKER THE VAMPIRE

Sucker the vampire
1998 - Etats Unis 
Sortie uniquement en DVD Zone 1 sans sous titres français
Budget: 55 000 $
Genre: Troma 
Réalisation: Hans Rodionoff
Musique: Erik Lundmark
Scénario: Hans Rodionoff
Avec Yan Birch, Alex Erkiletian, Monica Baber, P.K. Philips et Colleen Moore


Anthony fait partit d’un groupe de rock. Mais surtout, c’est un vampire, qui en profite pour se nourrir du sang des différentes groupies de son groupe de rock. Secondé par un humain, Reed, qui le fournit en sang, et fait disparaitre les cadavres dans la morgue de l’hopital dans lequel il travaille, Anthony vit une vie nocturne calme. Mais une chasseuse de vampire se lance à ses trousses, et pire, une nouvelle maladie, mortelle, fait son apparition.

Troma, une société que tout le monde connait. Débutant dans les années 70 avec des comédies coquines, puis faisant des comédies gore légères dans les années 80, ils font, depuis le milieu des années 90, des films plus provoquant, où humour, sexe et gore ont atteints un haut niveau. Il est ainsi très étonnant de voir que certains de leurs films, produits ou tout simplement distribués durant cette période sortent du lot. Killer Condom, comédie gore, contenait un message et parlait de l’homosexualité. Ici, avec Sucker the vampire, la firme s’attaque au mythe des vampires, mille fois vu et revu, mais tout de même traité ici avec intelligence, et nuances. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Sucker ne contient que très peu d’humour, très peu de sexe, et très peu de sang. Car ce qui intéresse ici le scénariste réalisateur et également producteur, c’est tout autre chose. Ce sont les MST, maladies sexuellement transmissibles. Sujet traités avec intelligence dans certains films, mais rarement évoqué dans les films de genre de manière sérieusement, et encore moins un Troma, ce qui surprend énormément ici, et en fait une incroyable qualité pour une œuvre qui est tout aussi surprenante. Le film se veut donc sérieux sur (pratiquement) toute sa durée, nous invitant à suivre, au départ, la vie toute banale du vampire, Anthony, et de son assistant, Reed, infirmier dans l’hôpital du coin. Anthony est guitariste dans un groupe de rock, et en profitera souvent pour ramener chez lui des jeunes femmes, groupies, conseillées par Reed. Mais parmi les groupies fréquentait les bars et salles de concert, se trouve malheureusement pour lui, une jeune femme, chasseuse de vampire. On pourrait dire d’ailleurs que ces passages, avec la chasseuse, sont les plus faibles du récit, mais nous y reviendrons plus tard.

Anthony va vivre son petit train-train quotidien, dormant le jour, partant en chasse et se nourrissant la nuit du sang de jolies jeunes femmes. Le lendemain, Reed va ramener les corps et les mettre avec les autres cadavres à la morgue. Reed, le second personnage important de l’histoire, semble, à première vu, totalement béta, timide, renfermé sur lui-même, ayant pour seul ami Anthony, et craquant pour une de ses collègues, lui ressemblant sur bien des points. Anthony comme Reed vont rapidement se heurter à différents problèmes, dont un en commun. Reed finira par se faire renvoyer de l’hôpital où il travaille, ce qui rendra la tache de la dissimulation des corps plus dure. Après le meurtre des différents membres du groupe de rock par la chasseuse de vampire, celle-ci va s’en prendre à Anthony, le leader. Sans doute le plus gros point faible du film. Là où l’œuvre se veut extrêmement sérieuse, les combats entre les différents vampires et la chasseuse font bien peine à voir. Ce n’est pas la magnifique photographie du film, souvent dans des tons bleus, où les mouvements agréables de caméra et l’interprétation fort convaincante des différents acteurs qui rattraperont ce point faible survenant lors de chaque affrontement. Heureusement, ce n’est point là le centre du métrage, contrairement à beaucoup d’autres films de vampires. L’apparition d’une nouvelle maladie sexuellement transmissibles, et donc, par le sang, va changer le train de vie de notre vampire et de son acolyte. Anthony se fera contaminer en milieu de récit par une de ses victimes, ce qui va chambouler totalement son train de vie, comme pour Reed. La peur de mourir, de la maladie, les différents liens qu’ils ont avec les autres, cette maladie va faire surgir de tout cela.

Anthony et Reed vont devoir se serrer les coudes pour lutter contre la maladie, leurs principes vont êtres remis en cause. Le film se montrera en ce sens riche en émotions, les personnages s’avèrent attachants, leurs réactions naturelles. De ce côté, Sucker est un film hors norme, traitant d’un sujet sensible en partant d’une histoire fantastique. Le mélange de genres, malgré quelques points faibles et quelques petites longueurs, fonctionne à merveille, faisant du film une agréable réussite, sans cesse surprenante, et emballée avec talent. L’humour et la quasi banalité du début s’éclipse au profit d’un récit plus humain et sérieux, pour le bonheur des amateurs de films différents.

 

NOTE: 13/20
En bref: Malgré quelques scènes superflues et de rares longueurs, le film traite d’un sujet original pour un film fantastique, et s’avère une réussite mise en boite avec talent (photographie, réalisation, interprétation).

Publié dans Critiques

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