Critique: Tales of Terror from Tokyo volume 2

Publié le par Rick Jacquet

TALES OF TERROR FROM TOKYO VOLUME 2

Tales of terror from Tokyo volume 2
Titre original: Kaidan Shin Mimibujuro
2003 - Japon

Genre: 18 courts métrages sur des histoires de fantômes
Réalisation: Akio Yoshida, Keisuke Toyoshima, Ryuta Mitake, Norio Tsurata, Kei Horie, Toru Moriyama, Takafumi Ota, Hiroshi Takahashi, Hirohisa Sasaki et Yudai Yamaguchi
Musique: -
Scénario: -


Après une première anthologie assez mauvaise à l’exception de peut être une ou deux courtes histoires (sur 15, il faut le rappeler), une seconde anthologie fait tout de même son apparition. Et malheureusement, elle se révèle toujours d’aussi mauvaise qualité, sauf que cette fois ci, ils sont au nombre de 18. Tout de même… Que le temps peut sembler long lors de la vision de l’ensemble. Dans le premier sketch, nous suivons un salaryman qui rentre chez lui après une journée de travail, et qui appelle sa femme pour lui annoncer qu’il va être repris au siège de sa société, et donc pouvoir retourner vivre avec elle et leur fils. Bien entendu, il y aura un fantôme chez lui et le pauvre homme va perdre la raison. Ce premier court est une bonne mise en bouche de cette seconde anthologie, tant il n’y a rien d’extraordinaire, pire, on s’y ennuie malgré le format super court de 5 minutes environ. Commencer ainsi ne donne véritablement pas envie de s’attarder plus sur les 17 autres courts métrages, mais tant pis. Le second court métrage continuera sur sa lancée, n’ayant rien de véritablement passionnant à nous montrer, alors que le scénario, au moins, à le mérite de nous parler d’une histoire peu abordée dans le cinéma, celle des démons renards prenant forme humaine. Mais l’ensemble est mit en scène assez platement et surtout, ne nous montrera strictement rien, si ce n’est un pauvre homme traversant la forêt. Passé ces deux premiers courts et les 10 premières minutes de l’anthologie, on n’attend véritablement plus rien.

Heureusement, le troisième court se révélera bien plus passionnant, de par son thème et ses images. Sans pour autant parvenir à faire monter la tension durant sa durée, le métrage parvient à nous éclairer sur certaines croyances de la culture japonaise, notamment l’apparition de fantôme aux alentours de deux heures du matin au Nord Est. Pour le connaisseur, ce court métrage sera très intéressant, malgré une mise en scène un peu banale et de nombreux défauts (notamment la lumière passant par la fenêtre, trop vive pour être crédible à une heure aussi tardive de la nuit). Mais ce petit court nous redonne quelque peu espoir. Malheureusement, encore une fois, l’optimiste va vite redescendre dés le court suivant, mettant en scène trois jeunes femmes dans un appartement, entendant le bruit d’un train à proximité de la fenêtre alors qu’aucun train ne passe par ici. Le réalisateur tente de faire monter la tension, mais rien n’y fais, ce court se révèle finalement n’être qu’un banal dialogue durant 5 minutes entre 3 bonnes copines. Le cinquième court continuera de tirer la qualité de l’ensemble vers le bas, en mettant en scène un couple devant se marier, donc l’homme est en pleine dépression sans que sa femme s’en aperçoive. Le court se décide enfin à nous montrer quelques effets visuels, mais l’ensemble tombe rapidement dans le ridicule pur et simple et donc ne convainc absolument pas, une fois de plus. Le sixième court se révèlera un poil plus intéressant car plus original dans son traitement et ses personnages, mais encore une fois, ça ne volera pas bien haut, la faute au format court et à l’absence de véritable finalité à cette histoire. Pire, les personnages sont rapidement énervants. Le septième métrage mettra en scène des enfants, pour la première fois dans cette anthologie (un des meilleurs épisodes de la première anthologie mettait en scène une petite fille). Ici, une jeune fille jouant dehors aperçoit une autre petite en train de la regarder par sa fenêtre, et va l’inviter à jouer avec elle. Ses parents vont s’inquiéter, étant donné que l’appartement est vide. Mais ça ne passionne absolument pas, et pire, en plus de ne pas faire peur, ça ennuie. Le huitième court continuera la longue descente, malgré une histoire au départ intéressante. Deux jeunes femmes participant au tournage d’un film d’horreur vont dormir dans un hôtel étrange. La nuit, l’une d’elle entendra des bruits bizarres. Pour une fois, le climax du métrage est prenant et intéressant, mais du fait du format court, les réactions des personnages s’avéreront énervantes et bien trop stupides pour convaincre pleinement. Dommage. Le neuvième court quand à lui, reprendra autant visuellement que scénaristiquement certaines bases de la saga Ju-On. On se retrouve donc en terrain connu : maison hantée où il y a eu plusieurs meurtres, décors, couleurs assez ternes, personnage pouvant sentir les esprits. Le réalisateur ira même jusqu’à reprendre certains cadrages. L’épisode se révèle donc sans surprises, certes, mais reste plaisant, et cela fait plaisir, arrivé à la moitié de l’anthologie, d’avoir eu deux bons courts métrages à se mettre sous la dent.

Seulement il reste encore la moitié, et on n’est pas au bout de nos peines, loin de là. Le dixième court remet sur le devant de la scène des enfants, pour une histoire d’autel qu’il ne faut pas ouvrir, mais qui bien entendu le sera. L’histoire a du potentiel, mais une nouvelle fois, c’est bien trop court pour permettre un développement intéressant. Le onzième quand à lui se révélera très intéressant, et surtout tiendra la route sur les cinq minutes. Le réalisateur parvient à instaurer une certaine tension, pourtant sans parvenir à faire peur, grâce à une utilisation intéressante de la télévision et du mélange entre le rêve et la réalité. Sans doute le meilleur court métrage de cette anthologie avec le troisième. Le douzième segment refait tomber toute la tension et toute l’ambiance avec une histoire sans grand intérêt filmée avec le caméscope d’une jeune, s’amusant d’abord à filmer sa famille, puis quand il n’aura plus d’idées, s’amusera à filmer ses pieds ou les prises électriques de sa maison. Dur de prendre cette histoire au sérieux une nouvelle fois. Mais ce n’est pas finit, puisque le court suivant ne sera que la suite de cette histoire, plus filmée au caméscope cette fois, mais contenant toujours aussi peu d’intérêt, bien qu’éclaircissant un peu les événements du premier court avant de se terminer comme il a commencé, dans l’indifférence la plus totale. Mais la fête continue, puisqu’en quatorzième métrage, nous avons encore droit à une suite, emmenant la durée de cette histoire à quinze minutes sans intérêt, en faisant cette fois ci intervenir un groupe de scientifiques. Seuls les quelques images du final feront relever l’intérêt de ces trois courts ne formant qu’une seule et même histoire. Le quinzième court n’aura pas grand chose à proposer non plus, si ce n’est une histoire grotesque et des effets risibles (l’homme qui conduit une voiture dont le décor en fond reste figé), tout comme le seizième mettant en scène un homme victime d’un accident de la route. L’avant dernière court (il était temps) nous entraîne dans une malédiction familiale touchant les premiers enfants de chaque femme. Sujet rare et intéressant, on n’apprendra finalement rien de bien passionnant durant ces cinq minutes, mais il reste tout de même l’interprétation tout à fait convaincante de Hitomi Miwa (Crazy lips, Gore from outer space, Shadow of the wraith). Rien de particulier à ajouter sur le dernier court métrage, si ce n’est que l’écran de présentation entre chaque épisode y trouve toute sa signification. Finalement, il est bien triste de constater que de bons réalisateurs (Yudai Yamaguchi – Meatball Machine,  Hirohisa Sasaki – Crazy lips ou encore Norio Tsurata - Ring 0, Kakashi – ou Kei Horie ( The locker) se retrouvent à travailler sur ce genre de courts métrages sans véritablement d’ambition.


NOTE: 05/20
En bref: La preuve par deux, les histoires de fantômes japonais ne fonctionnent pas au format court métrage. A l’exception de trois ou quatre histoires (sur 18), l’ensemble est mauvais, risible, et surtout très chiant.

Publié dans Critiques

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