Critique: Tales of Terror Volume 1

Publié le par Rick Jacquet

TALES OF TERROR VOLUME 1

Tales of terror volume 1
2005 - Japon

Genre: 8 courts métrages sur des histoires de fantômes
Réalisation: Takashi Shimizu, Ryuta Miyake, Norio Tsuruta, Keisuke Toyoshima, Inchiro Nakayama et Shiro Sano
Musique: -
Scénario: -


Voilà un exercice de style plutôt intéressant. Parvenir à faire monter la tension et à faire sursauter le spectateur lors d’une série de courts métrages de 5 minutes, sur le thème du film de fantômes japonais. Exercice intéressant, mais difficile, puisque les films à sketchs sont en général très inégaux, et ensuite parce que ce genre en particulier, le film de fantôme, fais monter la tension progressivement tout en développant ses personnages et l’aspect dramatique quand à la condition du fantôme. Ici, dans cette version (à ne pas confondre avec l’autre anthologie Tales of terror from Tokyo), nous sommes en face de huit courts métrages du genre. Et l’ensemble se révélera plutôt sans surprise, il y aura du très bon, du beaucoup moins bon, mais très peu d’originalité.

La première histoire s’intitule « Elevator », réalisée par Takashi Shimizu, et on s’en doute, mettra en scène un ascenseur. Commençant calmement dans les rues de la ville, une jeune femme quitte son copain et rentre chez elle, joyeuse. Il fait nuit, les ruses sont désertes. Le cadre idéal pour instaurer la peur. Au lieu de cela, c’est plutôt une scène de la vie quotidienne qui nous est montrée, et il faudra attendre l’arrivée dans la résidence de la jeune femme pour voir une ambiance s’instaurer, qui, si elle manque cruellement d’originalité (les ascenseurs ont déjà été utilisés dans la saga des The grudge (du même réalisateur, étonnant, et dans l’ouverture de Phone), ne décollera jamais. Point de sursaut, juste un début de tension, et donc, une grosse déception qui ne mène absolument à rien. La seconde histoire, « The school excursion », de Ryuta Misake, sera un des meilleurs segments. Deux jeunes femmes sont en excursions scolaires, et partagent la même chambre. Un mystère semble planer dans la salle de bain, puisque la porte des toilettes s’ouvre d’elle-même. Plaçant cette très courte histoire dans le cadre des lycéennes, comme beaucoup de films de genre, la tension ne tentera pas véritablement de s’installer, mais arrivera d’un coup, faisant sursauter le spectateur. La réalisation, assez classique, jouera habillement avec les effets de lumières pour nous fournir un petit moment de frousse de quelques minutes. Une réussite finalement plutôt inespérée, fonctionnant habillement grâce à son esthétisme et ses cadrages, ainsi que la bande son. La troisième histoire, « Kengo Nishioka » de Norio Tsuruta, sera une plutôt belle arnaque, jouant avec l’idée du fantôme dans le placard torturant une jeune femme, peu intéressant et jouant la carte de la facilité jusqu’au bout, même si ce segment tentera de fournir une explication rapidement expédiée sur la présence de son fantôme. Le quatrième segment s’intitule « The visitor », est réalisé par Keisuke Toyoshima, et sera également un des plus intéressants, créant en peu de temps un univers intéressant grâce à la voix off expliquant qu’un visiteur peut venir à tout moment et qu’une simple porte les sépare de notre monde. En plaçant dans le rôle principal une fillette, ce segment tentera de faire monter progressivement la tension, et y parviendra avec talent, grâce à des plans et des sons bien trouvés, et se terminera dans un lieu clos et minuscule. Le seul regret, que l’on pourrait faire à l’ensemble des segments, est la qualité plutôt pauvre des maquillages et la qualité de l’image, bien trop clean.

Le cinquième segment sera un des plus mauvais, « Covering the 100 tales », de Inchiro Nakayama. Un reporter arrive au sein d’un groupe pour écouter les 100 contes, leurs histoires étranges. Elle va se rendre compte que toutes les personnes présentes sont déjà mortes. Ils vont raconter ce qui leur est arrivé. Mais cette histoire s’avère peu convaincante et trop prévisible, comme souvent, qu’elle en devient vite ridicule. Le sixième segment, « Cassette tape » de Shiro Sano, nous montrera un membre d’un groupe de rock qui va réécouter de vieilles casettes audio. Et non, rien à voir avec la casette de Ring pour une fois. Sans déborder d’originalité, ce sixième segment sera plutôt sympathique, mais encore une fois, sa courte durée retire toute sorte d’attachement, alors que ce sketch aurait pu être le plus intéressant. Les sixièmes et septièmes segments se classent malheureusement dans la dernière catégorie pour achever le métrage.  « Spilt water » de Nario Tsuruta ressemble plus à un vulgaire drame ne menant strictement à rien et remplit d’une certaine niaiserie, tandis que « The backward suit » joue plus la carte de la parodie, avec une fin de segment lourde et ridicule, et nous achevant ainsi de cette manière. Vous l’avez comprit, malgrè quelques épisodes plutôt sympathiques, l’ensemble est bien trop court pour tenir debout et être intéressant, et surtout, outre 3 épisodes passables, on se retrouve avec 5 segments vraiment mauvais.


NOTE: 04/20
En bref: Trop court pour que les segments soient prenants ou intéressants, la qualité de l’ensemble est franchement médiocre, et les quelques bonnes idées ne peuvent être exploitées, vu la durée de seulement 5 minutes de chaque segment.

Publié dans Critiques

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