Critique: The Grudge 2

Publié le par Rick Jacquet

THE GRUDGE 2

The grudge 2
2006 - Etats Unis
Genre: Fantômes
Réalisation: Takashi Shimizu
Musique: Christopher Young
Scénario: Stephen Susco d'après Takashi Shimizu
Avec Amber Tamblyn, Edison Chen, Arielle Kebbel, Jennifer Beals et Sarah Michelle Gellar


Audrey apprend que sa sœur Karen est hospitalisée au Japon, où elle fait l'objet d'une enquête après la mort de son compagnon dans un incendie qu'elle a déclenché. Peu de temps après son arrivée à Tokyo, Audrey est avertie que sa sœur est devenue l'esclave de quelque chose d'invisible et de dangereux...

Takashi Shimizu continue d’explorer l’univers de The Grudge en tournant encore plus en rond. Voilà ce qui pourrait bien résumer ce second opus américain, et en tout, le sixième opus de la saga après deux épisodes vidéo et deux épisodes cinéma pour le Japon. Toujours écrit, comme le premier opus américain, par Stephen Susco et toujours produit par Sam Raimi, The Grudge 2 ne semble pas avoir grand chose à nous proposer, que ce soit en nouveautés ou même en frissons, tant ces remakes collent trop aux films originaux cinéma, sachant qu’ils copiaient déjà les deux épisodes vidéo. Pire, ce deuxième opus va encore plus embrouiller le spectateur non habitué encore à la structure si spéciale des films originaux et plonger à plusieurs reprises dans le ridicule, comme le faisait déjà le premier remake. The Grudge 2 commence donc pile là où le premier opus s’arrêtait, si on le raconte de manière chronologique, puisque le métrage va prendre un malin plaisir à mélanger trois intrigues, à l’intérêt plus que discutable, qui ne se déroule pas au même instant. Dans l’intrigue principale dirons nous, et sans doute la plus intéressante, nous suivons Audrey, la sœur de Karen (Sarah Michelle Gellar, rescapée mais pas pour longtemps du premier film), qui arrive au Japon pour comprendre ce qui est arrivé à sa sœur. Aidée par un journaliste, elle va pénétrer dans la maison et retourner aux sources du mal en découvrant le passé de Kayako et de son fils Toshio. C’est cette partie de l’intrigue qui fonctionnera le mieux (ou qui fonctionnera tout court contrairement au reste), même si tous les artifices utilisés pour nous faire peur sont tirés des cinq films précédents. A côté de cela, nous suivons également trois étudiantes dans une école internationale qui vont être victimes de la malédiction après avoir pénétré dans la maison. Et pour finir, l’histoire la moins passionnante, celle d’une famille américaine vivant à Chicago, où des tensions vont apparaître très rapidement entre les différents membres de cette famille, rappelant doucement le drame qui s’est produit dans la famille de Kayako et Toshio.

Si The Grudge 2 a tout du film chiant, comme le premier, surfant sur ses acquis, et fait uniquement pour l’argent, la première demi-heure s’en sortira plutôt bien. Mieux, elle fonctionnera quasi parfaitement. Le film commencera par la seconde histoire, histoire de mettre le spectateur dans le bain et de rappeler les précédents événements aux spectateurs. Deux étudiantes pénètrent dans la maison, entrainant avec elles une troisième étudiante, apeurée. Bien entendu, elles vont raconter l’histoire de la maison et les événements du premier film au fur et à mesure qu’elles arpenteront les pièces de la demeure, jusqu’à une inévitable apparition fantomatique. Cette partie de l’intrigue rappellera fortement certains passages du premier épisode cinéma japonais Ju-On The Grudge. Rien d’étonnant finalement, puisque dans le remake américain qui se permettait quelques rares nouveautés, c’était ce qu’il manquait par rapport à l’original. Cela n’en aurait pourtant pas fait un bon film, ce segment étant assez faible, tant dans l’original, que finalement, ici. Si certains passages pourront encore facilement faire illusion ou faire sursauter ceux qui ne sont pas habitués aux films de fantômes japonais, d’autres dans ce segment seront mauvais, voir pire, ridicule. La faute à Takashi Shimizu ? Pas vraiment, car même si le monsieur nous livre le même film pour la sixième fois (c’est un exploit), sa réalisation est en tout point correcte, et il nous livrera même certains plans de toute beauté. La faute plutôt à un scénario qui semble tellement aimer les cheveux longs que toutes les cinq minutes, il faudra une apparition. Ce trop grand nombre d’apparition fera très rapidement bailler le spectateur, tant l’habitué de ce genre de cinéma que celui qui ne connaît pas malheureusement. Certaines apparitions sont tout à fait ridicules, et l’ensemble peine à trouver un rythme. Passé cette histoire, le film, toujours très découpé et passant d’une intrigue à une autre rapidement, nous propose de suivre Audrey, la sœur de Karen qui cherche à comprendre ce qui est arrivé à sa sœur, et donc, forcément, ce qui s’est passé dans cette demeure. Sans pour autant fonctionner pleinement, cette intrigue est la plus intéressant, révélant le passé de Kayako jusqu’à sa jeunesse, et permet d’intégrer au scénario quelques nouveautés par rapport aux précédents épisodes. Mais pour ce qui est de la peur, c’est encore une fois mitigé.

Nouveaux personnages, oui, nouvelles frayeurs, non. Du moins, pas passé la première demi-heure du film. Le début, se déroulant dans un hôpital (et pouvant donc rappeler quelque peu le début de Ju-On The Grudge 2) nous offre quelques belles frayeurs, mais passé ce passage, le reste n’est encore une fois qu’une repompe honteuse des précédents opus, à vitesse grand V empêchant la peur. Pire, le scénariste ira piocher certaines idées dans un autre film de fantôme, qui a eu droit aussi à son remake l’année dernière : Shutter, et même dans le film culte Ring de Hideo Nakata, avec le visionnement d’une vidéo (passage pourtant encore assez efficace même si pompeux). Le mal arrivera donc aussi à travers une photo, dans une chambre de développement, comme dans Shutter, ou dans une vidéo, comme dans Ring. On aurait apprécié bien plus d’originalité, mais cette partie tient encore relativement la route. Malheureusement, une troisième histoire vient combler le tout, avec une famille américaine s’installant à Chicago. Il y a le père, la belle mère, et les deux enfants. Le lien est très rapidement fait avec le drame de Kayako, rien ne surprend, et quelques éléments sont également repris des précédents films, alors que cette histoire aurait justement pu permettre un renouvellement. Shimizu lui même ne semble pas tant emballé par cette histoire, ennuyante, malgré pourtant un potentiel certains et un point reliant tous les personnages du film. Que ce soit cette famille cherchant à se construire sans y parvenir, Audrey en froid avec sa famille ou ces étudiantes manipulatrices, vivant mal leur intégration dans un pays qui n’est pas le leur, tous les personnages souffre du même mal : la solitude. Ce semblant de scénario permet-il de sauver The Grudge 2 ? Absolument pas, le film reste ce qu’il est, c’est à dire un mauvais film, une redite pour la sixième fois de la même histoire qui ne parvient plus à faire illusion, mais restant à mes yeux supérieur au remake grâce à sa première demi-heure.

NOTE: 06/20
En bref: The grudge épisode 6. Rien de neuf à se mettre sous la dent, ça en devient simplement ridicule. Et sans intérêt.

Publié dans Critiques

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