Critique: The Howling Reborn

Publié le par Rick Jacquet

THE HOWLING REBORN

The Howling: Reborn
2011 - Etats Unis
Genre: Fantastique
Sortie américaine le 18 Octobre 2011
Réalisation : Joe Nimziki
Musique: Christopher Carmichael et Mark Anthony Yaeger
Scénario :  Joe Nimziki

Avec Landon Liboiron, Lindsey Shaw, Ivana Milicevic, Jesse Rath et Niels Schneider

Will Kidman est un lycéen comme les autres, ordinaire, qui, à la veille de la remise des diplômes, arrive enfin à se lier avec Eliana Wynter, la fille qu’il aime secrètement depuis bien longtemps. Malheureusement, ce jour là, son passé revient le hanter : il est en train de devenir un loup garou.

Hurlements, une des plus longues et surtout des plus mauvaises sagas que le cinéma d’horreur nous a offert. Après un premier opus réalisé par Joe Dante en 1981, nous offrant une des scènes de transformation les plus efficaces de l’histoire du cinéma, la saga tombe de haut, et tombe très bas. 4 ans après débarque Hurlements 2, sans doute un des nanars les plus amusants de l’histoire du cinéma. Le fossé séparant les deux métrages est énorme, mais ce n’est rien comparé à ce qui va venir. La suite de la saga continuera de la traîner vers le bas, entre un troisième mauvais sur tous les points, un quatrième remake du pauvre du premier, un cinquième un peu plus prenant, un sixième ridicule avec un combat entre un vampire et un loup garou (mal fait) et un septième quasi sans loups garous sur fond de musique country. Oui, Hurlements, c’est fini depuis longtemps. Quelle surprise, 16 ans après le dernier opus, de voir qu’un nouvel opus va débarquer sous la houlette de Anchor Bay, qui récemment nous a livré un prenant et réussi Frozen et un beaucoup moins réussi Altitude.  La saga prend donc un nouveau départ, et n’entretient plus aucun lien avec les précédents épisodes (mais en même temps, chaque épisode à part les deux premiers n’on aucuns liens entre eux). Vu la qualité de la saga, ce n’est absolument pas un mal. Malgré un budget que l’on devine minuscule, le film, techniquement parlant, a plus de gueule que les derniers opus tournés eux aussi pour pas un rond. Joe Nimziki, réalisateur et scénariste sur ce métrage (c’est son premier film en tant que réalisateur) tourne en effet avec la Red One 4K, une des meilleures caméras existantes. Quand on sait s’en servir, cela donne un résultat comme chez Soderbergh (tous ces films depuis The Girlfriend Experience sont tournés avec) ou comme A Serbian Film, et dans le cas contraire, un résultat à la Survival of the Dead… Heureusement ici, le réalisateur a sans doute opté pour un bon directeur de la photo, et les images sont la plupart du temps jolies, bien que parfois trop surexposées lors des vues subjectives des loups. Néanmoins, techniquement, le film est réussi, baignant tout le temps dans des tons bleutés (ouais, on pourra dire à la Underworld, autre film avec des loups, ou à la Twilight premier du nom, yerk !). Les plans sont pour la plupart réussis, il y en aura même des intéressants. Malheureusement, comme il s’agît de la saga Hurlements, tout n’est pas parfait, mais le réalisateur livre techniquement un travail assez rigoureux.

On ne pourra pas en dire de même dés que l’on se penche un peu plus sur le scénario. En gros, on dirait du Twilight, mais fort heureusement, en moins mou du genou, et surtout en moins niais, du moins pendant toute sa première partie. Tout simplement car le réalisateur parvient tout de même à nous fournir quelques scènes intéressantes. Nous suivons donc le jeune Will, qui craque depuis longtemps pour Eliana, une jolie brune de sa classe. Et bientôt, c’est la remise des diplômes.  Will vit seul avec son père, n’est pas le plus populaire du lycée (ouais parfois il se fait taper), il prend des médocs. Eliana elle a le don de disparaître souvent, attire un autre mec qui aime la bagarre. Oui, Hurlements s’est changé en film pour adolescents de notre époque, et ça se ressent, jusque dans les choix musicaux, bien que l’on discerne parfois des morceaux des années 80 qui font toujours plaisir à l’écoute (The Killing Moon). Dans cette histoire d’amour pour jeune adolescent, le réalisateur trouve moyen de placer quelques scènes intéressantes, et des mouvements de caméra parfois classe, comme lors de la première vraie discussion entre Will et Eliana dans la boite. Les loups eux se font extrêmement discrets lors de cette première partie, n’apparaissant que furtivement, des ombres se dessinant sur les murs, ou alors nous aurons droit à quelques subjectifs en noir et blanc surexposés. Rien d’exceptionnel, nous n’avons vraiment pas l’impression de regarder un film de la fameuse saga, mais le temps passe plutôt vite et le produit n’est pas franchement déplaisant à regarder. Ajoutez à cela le fait que les acteurs ne se débrouillent pas trop mal dans leurs rôles, mais on ne leur demande pas grand chose de compliqué non plus. Le réalisateur parvient même à placer en milieu de parcours une scène plutôt bien foutue dans une bibliothèque, aidée par une partition musicale prenante.

Malheureusement, sans être exceptionnel, ça se laissait voir, et c’est après cette scène que ça se gâte, avec l’arrivée des loups garous sur le devant de la scène. Le film va alors alterner quelques bons moments, hommages (volontaires ou non) à quelques films cultes, mauvaises idées et effets spéciaux risibles. Si le métrage avait choisit jusque là le classique et la sobriété dans son traitement, tout change. Les loups sont montrés, l’histoire d’amour grandit de façon peu crédible, et l’histoire commence à se traîner en longueur. Se transformant en huit clos dans le lycée entre nos deux héros et une meute de (attention) 4 loups garous, le film traîne la patte, avec de longs dialogues inutiles, une presque partie de jambes en l’air (oui, le danger, ça excite), et des hommes en costumes. Le plus étonnant, c’est de voir au détour d’une scène nos deux héros dans les sous sol de l’école armés de lance flamme découvrant le repaire des loups où les cadavres sont accrochés le long des murs (Aliens, quand tu nous tiens…). Encore plus étonnant, le maquillage des loups garous. Certains semblent tout droit sortir d’un grand nanar où ils ressemblent plus à une étrange créature mutante (et ratée) alors que d’autres ont vraiment une apparence de loup rappelant le premier Hurlements, ou encore Dog Soldiers. On alterne donc le bon et le mauvais jusqu’à un final pouvant laisser présager une suite, ce que le réalisateur ne dément pas dans une de ses interviews. Au final, ce nouveau Hurlements nous offre quelque chose de nouveau pour la saga, mais en tant que film de loups garous, rien de bien neuf. Il alterne les bonnes choses et les beaucoup moins bonnes, pour un résultat comme toujours en dessous de la moyenne, mais pourtant regardable, et bien meilleur que la plupart des films de la saga.

 

+
-

Un essai de renouveau dans la saga
Quelques bons passages

C’est bien filmé

L’histoire d’amour à la Twilight

Les loups garous partiellement ratés

 

NOTE: 08/20
En bref: La saga Hurlements revient de très loin, et prend le chemin de l’histoire d’amour à la Twilight. Dommage. Mais dans une saga qui n’a jamais brillée, il se révèle au moins divertissant.

Publié dans Critiques

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