Critique: The Thing

Publié le par Rick Jacquet

THE THING

The thing
1982 - Etats-Unis
Genre : Horreur
Budget: 15 millions $
Box office: 13.8 millions $

Réalisation: John Carpenter
Musique: Ennio Morricone
Scénario: Bill Lancaster
Avec Kurt Russell, Keith David, Wilford Brimley, T.K. Carter, David Clennon, Richard Masur et Peter Maloney


Hiver 1982 au coeur de l'Antarctique. Une équipe de recherche composée de 12 hommes découvre un corps enfoui dans la neige près d'une base norvégienne, depuis plus de 100 000 ans. Décongelée, la créature retourne à la vie en imitant la forme de n'importe quel entité organique. Dès lors, le soupçon s'installe entre les hommes de l'équipe.

The thing est incontestablement l’un des films de Carpenter qui l’aida le plus à construire sa réputation, avec Halloween bien entendu 4 ans plus tôt. Après avoir réalisé son film de science fiction en 1981 avec New York 1997, Carpenter se lance donc dans une nouvelle adaptation de La chose d’un autre monde l’année suivante. Toujours entouré d’une solide équipe, avec Rob Bottin aux effets spéciaux, Kurt Russell dans le rôle principal et Bill Lancaster au scénario, Carpenter nous propose ici de suivre 12 hommes bloqués dans une station de recherche au plein cœur de l’antarctique. Installant très doucement une ambiance comme seul lui sait le faire, comme il l’a déjà prouvé par le passé (Assaut et Halloween par exemple), il va pouvoir s’amuser à jouer autant avec le spectateur qu’avec les personnes à un petit jeu pouvant faire penser aux 10 petits nègres dans un univers mêlant science fiction et  gore, pour notre plus grand plaisir. Tout débutera par l’arrivée dans la base américaine d’un chien, poursuivi par deux norvégiens voulant à tout prix le tuer. Après la mort accidentelle ou non des norvégiens, le chien sera recueillit par le groupe de 12 américains. Une équipe soudée ou on retrouve tout ce que l’on doit trouver dans ce genre d’équipes scientifiques, entre le docteur, le pilote d’hélicoptère et bien entendu le chef de la station. Voilà pour le point de départ. Ensuite, Carpenter prend tout son temps pour exposer au public les personnages, leurs personnalités, que l’on cerne bien qui est qui, l’utilité de chacun, et en profite par la même occasion pour poser doucement une ambiance, aidé par une splendide musique de Ennio Morricone. Celle ci accompagne parfaitement les images, l’ambiance froide, les décors glacés, et le thème reste longtemps en mémoire. Après l’incident des norvégiens, Mac (Kurt Russell, le pilote d’hélicoptère) et le docteur se rendent à leur base afin de comprendre ce qu’il s’est passé, voir s’il y a des survivants, des blessés.

Le film va dés lors basculer dans l’horreur pure, avec la découverte de cadavres gelés, et surtout d’une créature brûlée difforme, ressemblant vaguement à un humain mal formé. Mais l’horreur à la fois visuelle et psychologique va débarquer après la fameuse séquence du chenil, qui en aura traumatisé plus d’un, dans laquelle un chien, s’avérant être la fameuse chose du titre, va se changer en masse difforme et attaquer les autres chiens. Les effets spéciaux de Rob Bottin s’avèrent être d’excellente facture, on y croit vraiment, et regardé seul dans le noir, la scène provoque sur son petit effet sur le spectateur. Passé cette séquence, les membres de l’équipe se retrouvent alors face à une chose qu’ils ne comprennent pas, dont ils ignorent la provenance (mais ça, ils vont le découvrir), et la situation les dépassent. Après avoir brûlé tout ce qui était dans le chenil, le problème devrait être résolu pour eux. Que nenni, puisque la chose ne peut mourir, chaque parcelle de son corps reste en vie, et elle peut donc contaminer plusieurs organismes différents qui vont avoir une vie indépendante. La chose peut ainsi prendre l’apparence d’un homme et l’imiter à la perfection, afin d’avoir sa voix, ses gestes. Dés qu’ils apprennent cela, les tensions vont monter parmi les membres de la station, et cela est tout à fait normal, puisque n’importe qui dans cette situation commencerait à paniquer et à ne plus faire confiance aux autres. La paranoïa va vite gagner les différents personnages, ce qui nous donnera plusieurs séquences à la fois impressionnantes et prenantes. Comme les personnages, on ne peut plus dire qui est humain et qui ne l’est pas. C’est là qu’arrivera en deuxième partie de métrage le fameux test sanguin pour savoir qui est qui, test qui sera pompé dans The faculty de Robert Rodriguez bien des années plus tard. Chacun se méfie, et le test sanguin permettra de mettre à jour la chose.

En plus de nous proposer un film d’horreur qui a vraiment de la gueule et dont les effets spéciaux n’ont toujours pas vieillis, Carpenter nous offre un huit clos parfois étouffant et réaliste dans les réactions de ces différents personnages. La confiance qui est entre eux va en prendre pour son grade, puisque personne ne va faire confiance à personne, MacReady allant jusqu’à menacer les autres avec un lance-flamme et de la dynamite, tandis que d’autres n’hésiteront pas à laisser certaines personnes derrière eux ou a commettre des meurtres. La tension montera progressivement jusqu’au final, apothéose ou chacune des deux espèces (les humains et la chose) vont lutter pour leur survie commune. Si on pourra s’attendre à une telle fin, autant dire que celle ci fonctionne, continuité logique du reste du métrage. On pourra pourtant regretter que tout cela s’achève aussi vite ou que quelques personnages restent assez en arrière plan, mais ce serait faire la fine bouche face au travail que John Carpenter a finalement accomplit sur ce film, nous livrant à la fois un de ses meilleurs films, un film culte et l’un des meilleurs films du cinéma de genre.

 

NOTE: 20/20
En bref: John Carpenter nous livre un autre huit clos des plus terrifiant et visuel, un film culte qui traverse les âges sans prendre une ride. Du grand art.

Publié dans Critiques

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