Critique: Tokyo Gore School

Publié le par Rick Jacquet

TOKYO GORE SCHOOL

Tokyo Gore School
Titre original: Gakkô Ura Saito
2009 - Japon
Genre: Action
Réalisation: Yôhei Fukuda
Musique: -
Scénario: Yôhei Fukuda et Kiyoshi Tamamoto
Avec Yusuke Yamada, Kôhei Kuroda, Hoîchi Matsuda et Nako Mizusawa


Un nouveau jeu violent se répand au Japon dans les collèges et lycées, lequel force des collégiens à s'entretuer pour récupérer leur téléphone, afin que leurs secrets les plus sombres ne soient pas révélés aux autres. Fujiwara, un collégien en apparence comme les autres, est prêt à tout pour protéger son secret.

Autant dire qu’un titre pareil faisait envie. Un titre ramenant à Tokyo Gore Police et promettant du gore, une histoire où des collégiens doivent s’entre tuer qui fait penser à Battle Royale. Aussi commercial soit le concept, Tokyo Gore School partait avec pas mal de bonnes cartes en main. Pourtant, à la fin de la vision du métrage, si l’on a passé un bon moment, il faut bien avouer qu’on se sent quand même très arnaqué. Autant mettre les points sur les i dés le départ, Tokyo Gore School n’est pas gore. Mais absolument pas. Une ou deux scènes sanglantes se baladent par ci par là, mais pas plus. Le scénario, tentant de développer une thématique du genre le système ne va plus, d’où la création du jeu, développant également un système d’alliances bien que certains élèves restent farouchement solitaires, et mettant aussi son lot de manipulations ou autre, ne développera jamais vraiment son concept et son intrigue. La réalisation ne sera pas non plus celle de Fukasaku sur Battle Royale, et n’aura pas la force de celle-ci, ici ce sera très caméra à l’épaule et mettra en avant des personnages voulant avoir l’air cool devant la caméra, ni plus, ni moins, que ceux-ci soient développés ou non. Que possède donc ce Tokyo Gore School ? 1h45 d’action, de combats généralement à mains nues, et de courses poursuites, à un rythme effréné. Des combats et courses poursuites à deux, voir trois ou quatre parfois, et ce dés la dixième minute du film où après nous avoir présenté les trois personnages les plus importants du métrage et nous avoir expliqué le principe du film, plus rien ne s’arrête. Soyons donc clair, Tokyo Gore School n’est pas un grand  film. Il est même faignant.

Le film surfe sur le succès d’autres métrages afin de nous fournir un produit d’exploitation, mais bien calibré il faut le reconnaître. Il est très difficile de s’ennuyer dans Tokyo Gore School, tellement tout va vite. Comme dit, nous avons droit à une rapide présentation des personnages et de l’intrigue, puis Fujiwara se retrouve immédiatement poursuivis dans la rue, d’abord par un, puis deux, trois, et bien plus d’assaillants. Le tout filmé caméra à l’épaule, suivant les personnages dans la rue, de petites ruelles, et même parfois dans le métro (séquence pouvant faire penser à L’Impasse de De Palma d’ailleurs, sans la même finalité, ni le même but). Le réalisateur rythme bien son récit, laissant peu de place au bavardage et suivant l’action avec sa caméra à un rythme effréné, mais outre le plaisir que peut procurer tant d’action, il rend également son film trop hermétique. Fujiawa est poursuivit par tout le monde, doit fuir, se battre, tout cela pour cacher son secret, mais on ne s’y intéresse pas vraiment, seul le prochain combat est attendu. Ce sera le cas pour les autres personnages peuplant le métrage, que ce soit le jeune premier qui veut mettre un terme au jeu en s’alliant avec d’autres personnes dans un bus, ou la prude jeune femme de service. Si le fond est intéressant, il n’est pas totalement développé et n’intéresse pas vraiment. C’est l’action qui intéresse Yôhei Fukuda, réalisateur du premier (et fort sympathique) Onechanbara. Malgré toute la bonne volonté du monde, il a tout de même du mal, malgré un talent indéniable pour les scènes d’action, à se renouveler. Un tel concept sur un film d’1h45 semble un peu étiré, et certaines séquences seront répétitives.

Des défauts, Tokyo Gore School en aura d’autres. Si les réactions des différents personnages sont par moment intéressantes, cela ne fera aucunement bouger l’ensemble de l’intrigue sur toute la durée. Rien n’évoluera du début jusqu’à la fin, où le film se permettra de nous mettre un petit twist. Mais il ne faut pas bouder totalement son plaisir, car le métrage s’avère plutôt fun, rythmé, et possède de plus quelques petites notes d’humour franchement sympathiques, comme lorsque l’on découvre les secrets de certains joueurs. Les voir se foutre sur la gueule et vouloir se tuer juste pour cacher qu’ils pissaient encore dans leur pantalon au collège. Le film regorge de ce genre d’idées qui font passer le temps à la vitesse de l’éclair, et ce jusqu’à un final à la fois surprenant dans certaines de ces idées, décevant par un abus de ralentis et de caméra tournoyantes (l’effet Kitamura peut être) et qui ne marquera pas plus que ça. Tokyo Gore School, c’est un film simple, qui se regarde, divertit et amuse, avant de se faire oublier assez rapidement. Et finalement, c’est également le but premier de ces films. On ne pourra pas vraiment lui reprocher son titre anglais commercial totalement à côté de la plaque.

 

+
-

De l'action, de l'action et... de l'action

On ne s'ennuie jamais vraiment

De l'humour

Parfois répétitif

Titre mensonger

Principe pas assez développé

 

NOTE: 13/20
En bref: Pas de gore, mais de l’action non stop qui fait passer un bon moment.

Publié dans Critiques

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