Critique: Tomie

Publié le par Rick Jacquet

TOMIE

Tomie
1999 - Japon
Genre: Fantastique
Réalisation: Ataru Oikawa
Musique: -
Scénario: Ataru Oikawa d’après Junji Ito
Avec Miho Kanno, Mami Nakamura, Yoriko Dougushi et Tomorowo Taguchi


Tsukiko, une jeune étudiante victime d’un accident de voiture, est depuis sujette à d’épouvantables cauchemars morbides. Elle tente de recouvrer la mémoire en utilisant une technique d’hypnose sous le contrôle médical d’une psychiatre. Inconsciemment, elle mentionne un nom : Tomie... L’inspecteur Harada enquête quant à lui sur la mort d’une jeune fille répondant au nom de Tomie Kawakami, retrouvée décapitée ; en investiguant de manière poussée, il s’est rendu compte que depuis l’ère Meiji, un nombre impressionnant de cadavres sans têtes, s’appelant tous Tomie Kawakami, furent découverts... Quant au voisin du dessous de Tsukiko, il nourrit une créature étrange vivant dans un carton ; mais très vite, cette "chose" s’avère devenir une petite fille qui grandit à la vitesse de la lumière...

Adapté d’un manga célèbre au Japon parlant d’une jeune femme ne pouvant mourir quoiqu’il lui arrive, et pouvant se régénérer, Tomie est donc la première adaptation, qui en compte à ce jour sept, et bientôt huit. Sept films tous très différents les uns des autres.  Et pour le moment, autant dire que c’est l'un des plus décevant, même si ce film a lancé le concept. Sans lui, la série n’aurait jamais eu lieu, et pourtant, oui, c’est très décevant, mais non dénué de qualités. Chaque épisode abordera le même thème à sa manière, et ce premier l’explore au final, dans le fond, de manière classique, mais prenante. L’actrice jouant Tomie, sans être magnifique, joue son personnage avec beaucoup de sérieux, elle parvient à convaincre, jouant la méchanceté et l’attirance de manière calme, posée. Le film tourne autour d’elle, et uniquement d’elle, bien que très absente pendant la première moitié du métrage, qui se veut être une pseudo enquête policière sur son personnage, mort il y a quelques temps, et dont la tête n’a jamais été retrouvée.

A ce titre, le premier plan du film, de ce jeune homme transportant la tête de Tomie dans un sac en papier, est assez intriguant, aidé par la magnifique musique du film. La musique parvient à créer une atmosphère assez étrange, convenant au sujet. Au départ, on entre donc dans le film de manière assez aisée, mais malheureusement, durant le reste de la première partie, l’intérêt redescend. La faute à quoi ? Pas l’interprétation, d’ailleurs, l’acteur principal des deux Tetsuo de Shinya Tsukamoto est là, jouant un policier fumeur à lunette. Un petit rôle intéressant qu’il joue bien. Son talent d’acteur, même s’il est assez rare de le voir à l’écran, n’est plus à prouver. Premier point négatif du film : la réalisateur. S’il lui arrive parfois d’avoir de bonnes idées, comme lors des séances d’hypnose ou quelques trop rares séquences dans le final, la réalisation est assez plate, sans originalité, et de plus, si le scénario est à la base une excellente idée, il ne s’y passe au final pas grand chose. Si dans de nombreux films, cela ne pose pas de réel problème, ici, c’en est un, car la réalisation assez plate n’aide pas, rendant le tout extrêmement mou par moment. On peut décrocher à de nombreuses reprises du film, avant que n’arrive enfin la dernière partie.

La dernière partie se veut plus généreuse que le reste en effets gores (plusieurs meurtres assez sauvages) et l’histoire se décide enfin à bouger. Tomie entre vraiment en scène, prend les devants. Toute l’histoire trouve un sens enfin, ce qui n’est pas négligeable ici. Mais cela est-il suffisant après nous avoir fait endurer pendant une heure une histoire ou rien ne bouge ? Pas vraiment, et malgré tout, le constat ne peut que rester négatif. Le manque de budget, la réalisation bâclée, le manque de rythme font de Tomie un film moyen et décevant.

 

NOTE: 07/20
En bref: D’excellentes idées dont le reste ne fait pas honneur, que ce soit la réalisation, le rythme, le manque de rythme. Dommage, les acteurs sont excellents et le concept demande à être exploité

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