Critique: Tomie Rebirth

Publié le par Rick Jacquet

TOMIE REBIRTH

Tomie Rebirth
2001 - Japon
Sortie cinéma le 24 Mars 2001 au Japon
Genre: Fantastique
Réalisation: Takashi Shimizu
Musique: Gary Ashiya
Scénario: Yoshinobu Fujioka d’après Junji Ito
Avec Miki Sakai, Tarou Suwa, Kumiko Endou, Yutaka Nakajima


Un jeune artiste est en train de faire le portrait de sa petite amie. Soudainement, la fille se lève et lui glisse à l’oreille qu’elle l’aime avant de chercher à détruire la toile. Pris d’une pulsion incontrôlable, le jeune homme la massacre et enterre son corps dans une forêt avec l’aide de deux amis. Mais bientôt, alors qu’ils assistent à une fête, voilà que Tomie (Miki Sakai) débarque, bien vivante et sans la moindre égratignure. La séductrice infernale est de retour, avec la ferme intention de détruire ses bourreaux et de se multiplier pour pouvoir assouvir sa soif de mal.

C’est toujours un plaisir immense de voir un film de Takashi Shimizu hors de la série des Ju-On. Car s’il a mainte fois prouvé qu’il maîtrisait son sujet avec ces films de fantômes avec plus ou moins de talent (Ju-On the Grudge et le remake américain The Grudge n’étaient pas terribles, comparés au reste de la série), les trop rares films qu’il fait à côté s’avèrent être excellents. Marebito nous était arrivé en France l’année dernière, mais, pour ce qui concerne la série Tomie, arrivée à 6 films plus un épisode spécial tourné en DV, toujours rien de prévu dans notre pays. Il faut en général se tourner vers des éditions Américaines avec sous titres anglais. Marebito était excellent, et on peut dire de même pour ce Tomie : Rebirth, troisième épisode de la série.

Les défauts du premier épisode étaient déjà en partie gommés dans le second épisode, malgré une direction différente, un peu plus classique on pourra dire, ce troisième opus part de nouveau dans une direction totalement différente. Ici, dés la séquence d’ouverture, on entre dans le vif du sujet, et on le suit avec beaucoup d’attention. La séquence d’ouverture est très bien réalisée, que ce soit dans l’élégance des plans, le choix de la musique ou des divers effets sonores, ou de son concept même. Un début prometteur qui permet de rapidement tomber sous le charme de l’ambiance du film. Heureusement, le film ne s’arrête pas à ça. Le film avance, tous comme les personnages, les situations. On ne s’ennuie vraiment pas, contrairement au premier opus. L’univers est pourtant respecté, et toujours le même, mais la façon dont il est amené est différent. Tomie reste toujours cette femme attirant les hommes qui ne peut mourir, même décapitée ou découpée en petits morceaux. Le réalisateur apporte son talent pour créer des ambiances et nous livre de magnifiques scènes à l’ambiance pesante, la musique aidant grandement. Pas étonnant, le compositeur est Gary Ashiya, qui avait déjà fait la musique des deux épisodes de Ju-On pour le V Cinéma, qui contenaient de vrais séquence de flippe, et qui a signé dernièrement la sublime partition de l’adaptation en film du jeu Forbidden siren.

Pourtant, on ne sursaute pas dans Tomie, ni dans cet épisode, ni vraiment dans les précédents. Les films de la série s’amusent plus, en quelque sorte, à créer une véritable ambiance prenante et stressante, distillée avec soin dans l’intrigue du film, emprunte  d’une certaine poésie morbide lorsqu’un des personnage finira par tomber amoureux de Tomie, passionnément, ce qui leur donnera un comportement brutal, insignifiant, troublant vis-à-vis de ces proches, ici, la petite amie d’un des personnages, ainsi que la mère d’un autre. Si cela n’apporte rien de vraiment neuf à la série, la mythologie s’agrandit un peu passé la première heure, avec un nouvel événement intervenant : la possession par Tomie de la petite amie d’un des personnages. Ses possessions sont assez troublantes, notamment dans un des plans finals, de toute beauté. Un film dont on gardera assurément un bon souvenir pour son histoire intéressante, ses plans, son ambiance, et son rythme.

 

NOTE: 14/20
En bref: Tomie Rebirth apporte du neuf à la mythologie, certains plans sont de toute beauté, le casting est parfait, en particulier l’actrice principale, et la photographie, ainsi que la musique, permet au film de poser une vraie ambiance.

Publié dans Critiques

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