Critique: Tomie Replay

Publié le par Rick Jacquet

TOMIE REPLAY

Tomie Replay
2000 - Japon
Sortie cinéma le 11 Février 2000 au Japon
Genre: Fantastique
Réalisation: Mitsuishi Tomijiro
Musique: Kôji Endo
Scénario: Tamaki Satoru d'après le manga de Junji Ito
Avec Yamaguchi Sayaka, Kenichi Endo, Mai Hosho, Yosuke Kubozuka, Masatoshi Matsuo, Shun Sugata et Makoto Togashi


Les docteurs Morita et Tachibana sont dans l'obligation d'opérer en urgence une jeune patiente qui vient tout récemment de subir une transplantation d'organe, la petite Sayuri. Morita et Tachibana vont avoir une véritable vision d'horreur quand, en ouvrant l'abdomen de Sayuri, ils découvrent... une tête qui y pousse... une tête bien vivante ! Tomie est de retour, et les Docteurs semblent déjà sous son emprise puisqu'ils décident tout naturellement d'élever cette tête dans les sous-sols de l'hôpital...

Après un premier épisode plutôt moyen, voir même très chiant, des suites sont mises en projet. Un second épisode pour le cinéma, le film ici critiqué, et un épisode à part pour le marché de la vidéo, franchement mauvais. Ce second épisode faisant donc très peur au départ, mais il faut bien l’avouer finalement, il se révèle d’un très bon niveau, hautement supérieur au premier opus. Dés l’ouverture, le spectateur est assuré, d’une par le niveau supérieur du film, et de deux, par la fidélité au manga de Junji Ito. Le prologue, cet accouchement dans l’hôpital, était un excellent passage du manga, la fin d’un chapitre pour être exact, ce qui peut parfois donner l’impression de prendre ce Tomie replay en cours de route dans l’histoire, ce qui n’est pas une mauvaise chose, donnant dés le départ une dynamique au récit. L’opposé du premier opus, qui débutait pourtant sur l’image troublante de la tête de Tomie dans un sac. Même si le lieu du récit, l’hôpital, est reprit d’un des chapitre du manga, on pourra regretter que l’histoire est traitée avec plus de classicisme et moins de débordements sanglants. Justement, ce qui définira, malgré toutes ses qualités, le mieux le film sera ce mot. Classique ! Mais le rythmé étant bien plus soutenu, cela ne dérange pas tant que ça, en partie. Rapidement, Tomie va grandir, à partir de sa tête, et avec l’aide d’un homme, sortir de l’hôpital. L’homme, Takeshi, va la ramener chez lui et immédiatement, ce qui doit arriver va arriver, il va être comme hypnotisé par Tomie, devenir possessif. Tomie elle-même, consciente de ce qui finira par arriver (son meurtre par l’homme qui l’aime), peut se révéler, au départ, d’une extrême fragilité, chose inédite dans la saga, surprenant et fort bienvenu.

L’actrice jouant Tomie, Mai Hosho, se révèle très bonne. Son interprétation est convaincante, et sa beauté correspond bien au personnage illustré dans le manga. Le film va se construire sous la forme d’une enquête, dont Tomie est la clé. Tout ceux ayant assistés à l’opération du film ont disparus, ont quittés l’hôpital, où se suicident. Le directeur de l’hôpital a disparut, et sa fille va tenter de comprendre ce qu’il s’est passé, aidée par un patient, dont l’ami a prit Tomie avec lui, et a changé de comportement depuis. Tomie a rapidement étendue son emprise sur lui, et le jeune homme, Takeshi, devient possessif, n’accepte pas que quiconque la voit. Tomie ne supporte pas cela, et devant son arrogance, il la découpe, et l’enterre. Scènes qui seront reprises dans l’épisode suivant, de Takashi Shimizu. Ces scènes, contrairement au manga, sont plutôt suggestives que gores, mais fonctionnent plutôt bien. Puis le film se recente sur l’enquête des deux personnages principaux, qui vont remonter la chaîne jusqu’à Tomie, en passant par Takeshi, devenu fou depuis qu’il a vu Tomie se reformer devant lui, la petite fille de l’opération du début du film, et la découverte du journal du directeur de l’hôpital, le père de Yumi, qui refera une apparition lors d’une scène, comme possédé par l’esprit de Tomie. Ce journal sera l’ouverture vers l’histoire, qui sera contée sous forme de flashback, fonctionnant parfaitement de par son étrangeté, sa folie. On pourra même apercevoir des images avec un homme au visage lisse, faisant ouvertement penser à Hellraiser inferno.

Le thème de la famille sera donc abordé, avec en plus des thèmes du manga, comme les différentes Tomie se reformant à partir des différentes parties de son corps, et une certaine rivalité entre les différentes Tomie, comme lorsqu’elle brûle sa propre tête coupée afin d’éviter qu’il y est plusieurs Tomie. Thème très présent dans le manga et si peu exploité dans les films. Mais malgré toutes ces qualités, Tomie replay possède quelques défauts, notamment une petite baisse de rythme en milieu de récit et quelques passages éclipsés trop rapidement. Si le final s’avère sympathique et par moment tendu, on pourra tout de même regretter la structure et l’intrigue par moment trop classique, allant au plus simple. Egalement, la réalisation, si elle s’avère correcte et propose de beaux mouvements de caméra, elle s’avère, comme le reste, bien classique. Mais Tomie replay est tout de même un bon film, hautement supérieur à l’original et à l’épisode vidéo.

 

NOTE: 13/20
En bref: Plus ou moins rythmé, bien mit en scène, et rythmé, reprenant des passages importants du manga, Tomie replay est une bonne surprise, trop classique par moment dans son histoire et sa mise en scène, mais il s’en sort très bien.

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