Critique: Uzumaki

Publié le par Rick Jacquet

UZUMAKI

Uzumaki
2001 - Japon
Genre: Adaptation - Horreur
Réalisation: Higuchinski
Musique: Tetsuro Kashibuchi et Keiichi Suzuki
Scénario: Junji Ito, Kengo Kaji, Takao Nitta et Chika Yasuo
Avec Eriko Hatsune, Fhi Fan, Ren Osugi, Hinako Saeki, Masami Horiuchi et Taro Suwa


Lycéen dans une ville paisible du Japon, Shuichi est depuis l'enfance le petit ami de Kirie. Celle-ci remarque un jour le comportement bizarre du père de Shuichi, qui semble fasciné par toutes les formes de spirales...

Uzumaki est l’adaptation du manga sortit chez nous sous le nom “Spirale”, en trois tomes. Uzumaki veut dire Spirale justement, jamais un film, tout comme un manga, n’aura aussi bien porté son nom. Le film peut d’ailleurs être vu comme étant un exercice de style, une expérimentation filmique autour de l’unique thème de la spirale. L’histoire ne sera pas aussi fouillée que celle du manga, puisqu’elle ne reprendra, dans les grandes lignes, que le premier tome, et se fera une conclusion rapide à sa manière, en abordant de manière rapide et expéditive certaines conséquences du tome 2 et 3. Cela fait-il du film une adaptation décevante ? Oui et non. En effet, il aurait été complétement fou d’adapter l’ensemble du manga en un seul film, et surtout le final du manga, qui aurait sans aucun doute demandé plus d’argent, et plus d’ambition. Pour les fans, le film restera une alternative et adaptation intéressante, mais pour les autres, le fait de voir une histoire qui n’aboutit pas vraiment sur grand chose peut dérouter, malgré l’ambiance plus que prenante du film. Où se situe Uzumaki ? Dans quel genre peut-il être classé ? Uzumaki est une oeuvre inclassable, elle ne peut aller dans aucun genre particulier, si ce n’est globalement, le fantastique. Nous suivons le parcours de Kirie dans sa ville natale, qui semble très étrange, tout comme la plupart des habitants y vivant.

De par ce point, le lieu de l’histoire peut ressembler à un Twin Peaks japonais. Les personnages et diverses situations sont assez hautes en couleur. Le père de Shuichi, passionné par les spirales, finira par faire tourner ses yeux par sa propre volonté, chacun indépendament de l’autre, comme des spirales, et finira même par transformer son corps en spirale dans une machine à laver! Même ses cendres se disperceront dans l’air, rejoignant le ciel, dont les nuages prendront une forme de .... spirale. Le réalisateur inclut dans le métrage des spirales un peu partout, et il est dur de toutes les déceler tant elles sont nombreuses. Mais l’exercice de style autour de cet unique thème peut avoir des revers, notamment, le rythme du film est assez lent, préférant jouer au maximum sur l’ambiance étrange. Mais si le spectateur parvient à rentrer dedans, ces défauts minimes ne l’affecteront pas. Parlons en d’ailleurs de l’ambiance étrange du métrage. Cela passe notamment par les personnages et les situations, mais aussi, et surtout, par les idées graphiques du réalisateurs.

Fondus en forme de spirale, spirales en surrimpréssion sur l’écran, gros plan sur les visages, effets de déformations. Cela peut provoquer un petit malaise, ou bien faire rire, mais rien de tel n’avait déjà été fait, ou osé. Même les morts, pourtant tirées du manga, paraissent étranges et décallées à l’écran, comme cet homme écrassé, prit dans les roues d’une voiture, le corps en spirale, ou encore cette jeune femme aux longs cheveux de spirales s’élevant en l’air, vivants. Uzumaki restera une oeuvre de curiosité pour les amateurs du genre, un achat obligatoire pour les fans du manga, mais une chose est sure, l’oeuvre peut dérouter, énerver, fasciner. Chacun y trouvera quelque chose de différent, et criera au génie, ou à la fumisterie. Il est juste regretable que contrairement au manga, aucune réponse ne soit donnée. Peut être un jour dans une éventuelle suite.

 

NOTE: 15/20

En bref: Une oeuvre étrange, qui ne plaira pas à tout le monde. Hypnotisant, mais manque d’explications. Du coup, un cran en dessous du manga.

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