Critique: V la série

Publié le par Rick Jacquet

V: LA SERIE

V - La série
Titre original : V - The series
1984 - Etats Unis
Genre : Série de science fiction
Réalisation: Kevin Hooks, Gilbert Shilton, Cliff Bole, Bruce Seth Green, Paul Krasny, Victor Lobl, Ray Austin,Earl Bellamy et John Florea
Musique: Dennis McCarthy
Créé par Kenneth Johnson
Avec Marc Singer, Faye Grant, Jane Badler, Jennifer Cooke, Jeff Yagher, Michael Ironside, June Chadwick, Robert Englund, Michael Wright, Blair Tefkin et Lane Smith


Un an est passé depuis que la Terre a été libérée de l’invasion des visiteurs grâce à la toxine rouge. Pour les quelques visiteurs qui sont restés ici dans le but d’aider les humains, comme Martin ou Willie, un vaccin a été créé. Diana a été capturée et doit être jugée au tribunal, mais le jour de son procès, Nathan Bytes, le gouverneur de Los Angeles, embauche Ham Tyler afin que celui ci la capture pour lui proposer d’aider à guérir les maladies, en échange de sa survie. Malheureusement, elle s’échappe et parvient à rejoindre un vaisseau, préparant une nouvelle attaque, en ayant découvert une faille dans la protection des humains. La résistance, dirigée par Julie et Mike, va s’organiser, tandis que leur seul espoir semble être Elizabeth, la fille de Robin.

Après le succès des deux mini séries V, une vraie série est programmée, une saison de 26 épisodes. Mais très rapidement, elle va s’essouffler, il n’y aura pas d’audience, des acteurs vont quitter la série, et la série va s’arrêter après 19 épisodes. Dès les premiers instants du premier épisode, on se rend compte devant quel produit on se trouve. Incohérence vis à vis de ce qui précédait, baisse sérieuse de budget, facilité scénaristique. En quelques secondes, on est dans le bain. La série reprend pile là où l’on s’était arrêté, avec la fuite de Diana du vaisseau et la terre libérée des visiteurs grâce à la toxine rouge. Mais Diana ne s’échappe plus en vaisseau dans l’espace, mais dans l’atmosphère terrestre. Choix contradictoire étrange, dont on comprend bien assez vite la raison. Petit budget oblige, ce choix a été fait dans le but unique de pouvoir mettre une poursuite de vaisseau… dont les plans sont ceux des mini séries… Diana finit capturée, et l’histoire reprend un an plus tard. Et autant le dire, en un an, on a l’impression d’avoir rater extrêmement beaucoup de choses, et que beaucoup de choses ont été mises à la benne. Ainsi, Nathan Bates fait son apparition, et il dirige Los Angeles, s’attribue tous les mérites de la toxine rouge, Ham Tyler travaille pour lui, tout comme Julie Parish. Des choix toujours plus étranges et douteux. Julie ne semble plus être avec Mike Donovan, qui a reprit son travail de journaliste avec un nouvel assistant : Martin, son ami visiteur l’ayant aidé dans la victoire. Willie travaille pour Elias dans le restaurant qu’il a ouvert à Los Angeles, et Robin habite avec son père et Elizabeth dans un coin reculé. Malgré certaines facilités et de nombreuses autres incohérences, comme le fait que les visiteurs ne craignent plus la lumière vive et donc ne portent plus de lunettes, ou le fait que leur voix n’est plus déformée, le début de la série se suit avec un certain plaisir, surtout nostalgique aujourd’hui, et surtout le fait de pouvoir continuer à voir évoluer les personnages que l’on aime.

Malheureusement, la série va quelque peu continuer la voie ouverte par la seconde mini série, en projetant Mike Donovan au premier plan. Il devient le héros de la série, et les autres personnages ne deviennent que secondaires. Diana, quand à elle, devient la grande méchante de l’histoire, ce qu’elle devenait également petit à petit avant, mais là, elle se retrouve véritablement à la tête des visiteurs. Elle reste détestable au possible, mais elle va surjouer la plupart du temps, amusant plus qu’auparavant. Elle se trouvera parmi ses troupes une nouvelle alliée (ennemie) au doux nom de Lydia, qui ne va pas supporter ses initiatives. Du côté de la résistance, il va aussi y avoir du changement, avec de nouveaux personnages, notamment Kyle, le fils de Nathan Bates, qui va tomber amoureux d’Elizabeth, l’enfant stellaire. Car Elizabeth a grandie, et se retrouve maintenant jouée par Jennifer Cooke (Vendredi 13, chapitre 6). Son personnage apportera de la fraîcheur à l’ensemble, mais s’avérera vite énervant et ridicule. Les deux premiers épisodes, malgré ses éléments gênants, gardent un bon rythme et parviennent à faire passer l’illusion, mais après, c’est une toute autre histoire, tant la série va alterner bonnes idées, idées ridicules et effets spéciaux au rabais totalement ineptes. La production va, au fur et à mesure, se débarrasser de certains personnages attachants et importants (Robert, le père de Robin, ou Elias) et leur absence va se faire ressentir. Ne pouvant plus également en mettre plein la vue avec leur petit budget et le format télévisuel, la série va offrir (malheureusement) aux spectateurs de nouvelles histoires secondaires, qui vont devenir des plus agaçantes. L’histoire d’amour entre Kyle et Elizabeth va devenir un des noyaux de l’histoire, et totalement éloigner la série de ce qu’était V à la base, le transformant en mélodrame. Les querelles entre Diana et Lydia vont elles aussi être au centre des intrigues, et lasser au plus haut point.

Mais la première partie restera tout de même regardable, jusqu’à la moitié de la série, grâce à certains personnages, et bien entendu, la nostalgie envers la série aidant. Ham Tyler, toujours joué par Michael Ironside, sera un des points forts (jusqu’à ce qu’il quitte la série) et Willie sera encore plus niais qu’à l’accoutumé, et restera toujours attachant. Julie sera beaucoup plus en arrière plan, mais restera un point fort. Mais passé la moitié de la série, V effectue une chute libre des plus ahurissantes. Les personnages les plus intéressants sont totalement mis de côté (Ham, Robin, Elias, Nathan Bates) et l’histoire va se focaliser sur deux éléments, ratés. En premier lieu, Elizabeth. Que ce soit au niveau de ces supers pouvoirs ou de son histoire d’amour, la sauce a du mal à prendre, et l’ennui guette. Mais il y a encore pire, puisque les scénaristes et réalisateurs vont totalement dénaturer l’esprit de la série en développant les coutumes et rites des visiteurs. Les costumes vont changer, les décors, le tout va devenir ridicule, on aura des combats risibles, des vieux rites et jugements. La qualité des différents effets spéciaux ne va pas aider, puisque le tout sera totalement ridicule, et dépassé même au moment de diffusion de la série. Il faudra attendre les deux ou trois derniers épisodes pour avoir une légère remontée de qualité, mais trop tard, puisque le taux d’audience déjà bas en a décidé autrement, et que la série était vouée à mourir prématurément. Dommage dans un sens, puisque ses quelques derniers épisodes permettaient de remonter la pente après des épisodes désastreux, et amenaient de nouveaux personnages intéressants, notamment Philip, et permettait ainsi un retournement de situation, et surtout, un changement de direction, ce que la série avait grandement besoin. Si certains épisodes, notamment au début, s’en sortent encore bien, l’ensemble de la série s’avère très très décevant et dénature l’univers de V. La série n’était vraiment pas utile.



NOTE: 06/20
En bref: V continue, et se casse la  gueule. Après un début prometteur dont on parvenait à pardonner certaines erreurs (même les plus grossières), le tout est plombé par des histoires d’amour et des intrigues ridicules et s’essouffle plus elle avance.

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