Critique: Vampyres

Publié le par Rick Jacquet

VAMPYRES

Vampyres
1974 - Angleterre
Genre: Erotique - Vampires
Réalisation: José Ramon Larraz
Musique: James Clarke
Scénario: D. Daubeney
Avec Marianne Morris, Anulka, Murray Brown, Brian Deacon et Sally Faulkner


Fran et Myriam vivent dans un immense château. La journée, elles passent leur temps sur le bord de la route pour attirer des hommes chez elles. Après quelques verres de vins, place au sexe, et à bien plus.

Film d’exploitation du milieu des années 70 mélangeant allégrement érotisme et horreur, Vampyres, revu aujourd’hui, n’est plus ce qu’il pouvait être à l’époque. Forcément, 35 ans après, l’impact n’est plus le même. Autant la partie érotique que la partie horreur ne fonctionnent plus pleinement. Pourtant, Vampyres reste encore un film intéressant sur plusieurs points, mais dont les faiblesses ressortent encore plus. La scène d’ouverture nous met directement dans le bain et ne nous ment pas sur le produit que nous allons voir, et que nous voulons voir. Fran et Myriam sont allongées sur un lit, nues, elles s’embrassent, jusqu’à ce qu’un homme débarque dans la pièce, armé d’un pistolet, et tire jusqu’à vider son chargeur et ce que les deux femmes soient morte. Générique agrémenté de quelques images du château et de quelques plans sur des chauves-souris volant dans la nuit. Nous savons ce que le film contient, c’est ce que nous cherchions, nous n’allions donc pas être déçu. L’histoire reprend sans doute quelques temps après, alors qu’un couple de campeur s’installe à côté du château, et qu’un homme, Ted, arrive dans un hôtel non loin de là. Fran et Myriam, toujours vivante, errent sur les routes autour du château, pour attirer des hommes dans leur demeure, pour la nuit. Ted va bien entendu croiser assez tôt le chemin de Fran, et se laisser tenter par cette jeune femme l’attirant. En parallèle, nous suivons donc également ce couple de campeurs, dont la femme va être assez effrayée par ces jeunes femmes ramenant tous les jours des hommes chez elle. L’homme lui, préférera ne rien voir, fermer les yeux, et ne pas s’en préoccuper. Au final, ce couple de campeurs n’ajoute rien au récit, et ralentit même le rythme déjà lent de l’action.

Car soyons clair, l’histoire entière du métrage tient en une ligne, et le film n’a finalement pas grand chose à raconter, les scènes se suivent et parfois se ressemblent, alignant scènes de sexe et scènes de violence. Ceci dit, la violence mettra un certain temps avant d’arriver, nous faisant parfois douter du genre auquel appartient le métrage. Ted, joué par Murray Brown, ne sera pas des plus convainquant, et sera amené dans la demeure par Fran, qui aussitôt après quelques coupes de vin, lui sautera dessus. Les scènes érotiques, que ce soit entre Fran et Ted, ou entre Fran et Myriam, sont mise en boite avec beaucoup de sensualité, les plans sont beaux, comme les corps des jeunes femmes, mais cela reste au final bien gentillet, et surtout vite répétitif. Comme dit plus haut, le côté horrifique de l’œuvre mettra assez de temps avant de se dévoiler. Ceci dit, cette première partie se laisse tout de même regarder avec un certain plaisir, grâce aux efforts de la mise en scène, parvenant à créer une ambiance particulière et bienvenue, mais également grâce à la musique. Si le scénario laisse bel et bien entrevoir que le film a été tourné en trois semaines pour un budget ridicule (répétitivité de certaines actions, pratiquement un seul lieu et une route), la mise en scène et l’aspect technique du film n’en souffre pas. Mais ajoutons à ce scénario un peu léger un rythme assez lent qui ne plaira pas à tout le monde, ainsi que des dialogues parfois limites. Heureusement, les deux actrices semblent à l’aise pour jouer la comédie, mais également pour se dénuder totalement.

Mais dans tout ça, et les scènes de violence ? Et les vampires ? Même si ces deux éléments mettent du temps à arriver, c’est de là que viendra la vraie surprise du métrage. S’il s’agît bien de vampires, Fran et Myriam n’ont rien à voir avec les vampires que l’on connaît ou que l’on avait l’habitude de voir au cinéma à cette époque. Bien que pourtant des tenues classes et de longues capes noires, Fran et Myriam sont des vampires différents. Elles marchent à la lumière du jour, et n’ont pas de canines. Comment se nourrir de sang frais dans ce cas là ? La vraie grosse surprise du métrage est bien là, les deux jeunes femmes, pour se nourrir de sang, vont devoir saigner leur repas, leur faire des entailles afin de faire couler le sang et de pouvoir s’en abreuver. Ces scènes, bien que nous avons vu bien pire depuis (ou bien mieux, c’est selon), sont les meilleurs moments du métrage, ils arrivent souvent sans que l’on s’y attende vraiment et restent assez poignants. Dommage que le scénario ne soit pas aussi fouillé qu’il aurait pu l’être et soit parfois si répétitif, et que le début comme la fin restent aussi floues. Si la réalisation est honnête, on ne pourra s’empêcher de sourire en voyant une bougie parvenir à éclairer à la perfection une cave entière, mais ce genre de détails ne gâche pas la vision du métrage, qui reste tout de même agréable à regarder pour son ambiance, la plastique des deux actrices, et ses débordements sanglants.


NOTE: 10/20
En bref: Un peu trop lent, inégal, Vampyres reste une œuvre étrange à découvrir. Une variation du thème du vampire érotique et parfois bien saignante.

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