Critique: Bite Me If You Love Me

Publié le par Rick Jacquet

BITE ME IF YOU LOVE ME

Bite Me If You Love Me (Rape Zombie)
Titre original : Kimi Wa Zombie Ni Koishiteru - 君はゾンビに恋してる 
2011 - Japon
Genre: Zombies
Réalisation : Tomomatsu Naoyuki
Musique: -
Scénario : Tomomatsu Naoyuki

Avec Haneda Ai et Kobayashi Yuto

Hitomi est une jolie lycéenne qui adore les zombies. Contrairement à ses amies, elle n’est pas du tout attirée par les beaux mecs du lycée. Son rêve est donc tout naturellement d’avoir un petit ami zombie. Et bien entendu, elle finit par tomber sur Shota, surnommé Zombie-Kun par ses camarades de classe. Elle va l’approcher et tout tenter pour le transformer en zombie.

Ah, Tomomatsu. Une année 2010 plus que moyenne et un début d’année 2011 tout simplement catastrophique. Continuant son exploration des films d’horreur érotique, mais cette fois ci sans robots, Tomomatsu nous offre ici, dans la forme, une variation de Stacy. Un mélange de tons et de style, à la fois dans le scénario, et dans la mise en scène. Et au vu du résultat, c’est plutôt… réussi, ou disons du même niveau. Soyons clair, on se retrouve encore une fois devant un produit fauché, un peu tourné à la va vite, écrit dans les mêmes conditions, alternant gags totalement à côté de la plaque et d’autres faisant mouche, avec une pointe de gore, et le tout joué par une star des AV, j’ai nommé Haneda Ai. Bref, du bon et du moins bon. Tomomatsu prend bien 20 minutes pour bien poser ses personnages et son intrigue, aussi mince soit-elle, et pour caser encore pas mal d’hommages aux films de zombies cultes, comme dans Stacy ou Zombie Self-Defense Force. Cette fois ci, pas forcément Romero, mais on trouvera des posters un peu partout dans la chambre de Hitomi, avec les films de Fulci, Re-Animator. Le fond d’écran du téléphone d’Hitomi proviendra de L’Enfer des Zombies de Fulci. Oui, Tomomatsu connaît ses classiques, mais ça ne va pas aider son film. Pendant ce temps, il nous présente ses deux personnages, Hitomi d’un côté, belle comme tout, jolie petite et courte tenue d’écolière, culotte blanche, fan de zombies, et de l’autre Shota, martyrisé par ses camarades de classe et surnommé Zombie-Kun. Bien entendu, il sera puceau. Les deux étaient (ou pas) destinés à se rencontrer, et des scènes romantiques sortant de nulle part débarquent, accompagnées de musique douce, de couleurs pétantes, de jolies étincelles roses à l’écran. Oui, il nous refait le coup de Stacy, et oui, pour le moment, ça fonctionne.

Les deux se rencontrent donc, et vont mettre au point un produit (en vrai, de la poussière tout simplement amassée au sol hein…) afin de réanimer les morts. Hitomi ne perdra pas de temps et essayera sur le pauvre Shota lors de son « suicide » orchestré à base de petite culotte. Aussitôt qu’il revient, on s’attend à une déferlante de gore et de sexe, ce que la bande annonce nous vendait. Et bien… non. Le sexe, tout le long du film, ne se limitera qu’à deux petites scènes, l’une pas franchement excitante et plate, l’autre plus amusante mais trop longue. Décidemment, Tomomatsu ne sait pas vraiment y faire avec l’érotisme, et dire qu’il a commencé là dedans (et qu’il continue régulièrement). Pour ce qui est du gore, il mettra un petit moment à arriver, le film préférant d’abord jouer la carte de l’humour et de la dérision totale, avec plus ou moins d’habilité. La moitié des gags tombent à l’eau, certains fonctionnent, et d’autres ont déjà été tellement souvent utilisés qu’ils ne provoquent juste rien. Ainsi, notre nouveau zombie va arpenter les rues, signer des autographes, faire des pubs et même tenter de danser. Il deviendra la coqueluche du public. Hitomi se sentira délaissée, mais continuera de l’entretenir. Entendez par là : massacrer des gens à la hache pour permettre à Shota de se nourrir et de ne pas trop pourrir. Les scènes de meurtres et de dégustations sont plutôt rares, et compte tenu du budget, tiennent encore assez la route. Mais rapidement, la lassitude gagne, face à un film finalement assez répétitif et bancal.

Nous sommes comme Hitomi. Et c’est là que ça redémarre, avec sa rencontre avec Jason Yamada, cousin Japonais de Jason Voorhees de Vendredi 13. Hitomi va changer, adieu les posters et films de zombies, elle passe au slasher (est-ce que cela veut dire que Tomomatsu, après avoir fait le tour avec Stacy, Zombie Self-Defense Force et ce film, va passer aux slashers ?). Le rythme du film s’accélère alors, avec du sexe entre les deux nouveaux tourtereaux (assez bizarre de voir un Jason s’envoyer en l’air), des massacres à la hâche, et forcément, un duel entre un zombie et un tueur en série. Duel partiellement raté par ailleurs, mais tellement assumé qu’il en devient amusant. Et ce jusqu’à un final comme souvent n’importe nawak qui fait sourire malgré ses limites (budget oblige, manque de talent également). Que penser donc de ce Bite me if you love me au final ? Il nous laisse une impression étrange, un peu comme Stacy. L’impression d’un réalisateur pas vraiment talentueux qui a voulu faire un film érotique, un film de zombies, un slasher, une  romance et une comédie, sans trop savoir comment faire, et en mixant le tout parfois maladroitement. Pour autant, les ruptures de styles et de tons sont beaucoup moins brutales que dans Stacy qui essayait également de naviguer dans les mêmes eaux. Peut être me suis-je lassé de ce genre de délire, ou que l’on était plus clément en début de carrière. Bite me if you love me se laisse donc regarder pour l’habitué de ce genre de produits, mais n’est en aucun cas un indispensable, loin de là.

 

+
-

Quelques moments qui font mouche
Des scènes érotiques discrètes

Un peu de gore pas trop mal foutu

Des scènes érotiques ratées

Un peu laborieux

 

NOTE: 11/20
En bref: Tomomatsu livre un film correct et remonte donc un poil la pente, mais ça ne reste pas extraordinaire. Pas abouti, pas toujours drôle et pas très bien réalisé, Bite me if you love me est un film qui se regarde et s’oublie.

Publié dans Critiques

Commenter cet article