Critique: Imprisonment Factory

Publié le par Rick Jacquet

IMPRISONMENT FACTORY

Imprisonment Factory
2007 - Japon
Genre: Erotique
Réalisation: Mikio Hirota
Musique: -
Scénario: -
Avec Ai Takeuchi, Nagisa Umeno et Akari Hoshino


Natsumi se voit dans l'obligation de travailler dans une usine un peu particulière afin de payer ses dettes. Elle n'est pas la seule dans cette situation, et Tsukada, le chef de la sécurité, a pour habitude de réprimer les employées par le viol!

Le cinéma japonais, enfin le marché de la vidéo japonais surtout, a pour habitude de nous fournir à intervalle régulier les mêmes produits. On retrouve d’un côté les films de fantômes, toujours aussi nombreux (ce qui se situe dans le haut du panier des films d’exploitations japonais), et de l’autre côté, les films érotiques, plus souvent dans le bas du panier, même si certains sortent du lot pour des raisons particulières (comme Erotic Ghost Siren pour sa mise en scène et finalement son scénario lorgnant du côté du film policier). Ne nous faisons pas d’illusions, malgré quelques points intéressants, Imprisonment Factory se situe dans le bas du panier. Le plus décevant étant que le film part d’un point de départ tout à fait intéressant, qui aurait pu mener à totalement autre chose, tant en conservant pour des buts commerciaux ses scènes érotiques. Une société privée au Japon emploie (séquestre) dans ses locaux des personnes ayant d’importantes dettes envers la société, afin de produire illégalement des armes à feu. Voilà un point de départ plutôt original pour un film érotique, et qui a le don de s’éloigner du reste des productions érotiques de V cinéma. Bien entendu, dans ce lieu de travail un peu spécial, les hommes et les femmes sont séparés, les tâches sont différentes, et ils ne se retrouvent qu’à l’heure du déjeuner, mais ont l’interdiction formelle de se parler. Les dortoirs sont séparés, et pendant la durée de leur « contrat », ils ne peuvent sortir de l’usine, et doivent obéir aux règles. Si on a déjà bien plus original, cela se tient, et permet de développer des personnages et des thèmes intéressants au sein d’un métrage, sans forcément demander des moyens pharaoniques. Toujours faut-il avoir l’ambition d’emmener son métrage vers ses horizons, au risque de décevoir le spectateur venu uniquement voir des filles nues et des scènes gentiment érotique. Mais Imprisonment Factory ne tentera jamais d’aller, et même de voir plus loin que ce à quoi il est destiné : n’être qu’un produit érotique pour la vidéo de plus.

Pire, le métrage se révélera répétitif, que ce soit dans ses scènes érotiques, ou dans l’ensemble des scènes censées faire avancer l’histoire. Pire, alors qu’il possédait un bon point de départ, en plus de ne pas le développer, le réalisateur choisira la facilité en plongeant finalement le film dans un déroulement niais où les bons sentiments feront leur apparition progressivement, entre Natsumi, arrivant en début de métrage dans l’usine, finalement ici pour retrouver son bien aimé, journaliste enquêtant sur l’usine, ou même avec une des responsables de l’usine, possédant finalement un plus grand cœur qu’on ne le pensait. Le film enchaînera pendant ce temps trois types de séquences. En premier, les séquences de travail, où un grand nombre de femmes (5 ou 6, grand max) et d’hommes (pas plus de 3) font des tâches répétitives à longueur de journée, sans savoir en quoi consiste les matériaux qu’ils fabriquent… Normal, un barillet de revolver, ça ne se reconnaît pas facilement, avec les six trous ! Là dessus, le réalisateur parvient bien à faire passer son message, le travail est long, dur, répétitif, on nous gueule dessus, on nous demande toujours plus. Le problème est qu’à l’image, ces scènes sont aussi répétitives. Nous avons ensuite les scènes érotiques, tout d’abord assez chiantes, puisqu’elles consistent toujours en la même chose. Une fille dans l’usine n’est pas sage et Tsukada, un des responsables, l’invite dans son bureau (avec un grand canapé en cuir) pour la violer. Les scènes se déroulent toujours de la même manière (une levrette, des plans sur les seins, quelques cris pour simuler), et c’est finit. Pire, alors que cet acte est ignoble en soit, à l’écran, ce n’est pas crédible une seule minute. Rapidement les scènes érotiques vont varier en nous proposant quelques variations.

Ainsi, grande surprise, le grand patron passera, et se tapera son assistante (le vieux stéréotype, filmé avec tout le sérieux du monde), et pour faire plaisir à tout le monde, une scène lesbienne très gentille sous la douche. Pas de quoi se relever la nuit, le réalisateur filme l’ensemble assez platement avec de longs plans quasi toujours identiques. Heureusement, à côté de ça, les femmes de l’usine commencent à se rebeller, elles veulent toutes aider Natsumi à retrouver son bien aimé, puisqu’elle est persuadé qu’il est retenu quelque part dans l’usine. Cette partie sera finalement la moins palpitante, la réalisation et le montage n’arrivant jamais vraiment à insuffler un quelconque rythme, voir suspense dans ces séquences. Dommage, car en plus du point de départ assez bon, le film possède une mise en scène pas trop mal (enfin ne vous méprenez pas, cela reste une banale réalisation de V cinéma sans étincelles, mais cela tient la route). Imprisonment Factory manque de beaucoup de choses. Notamment de rythme, de réels enjeux, de variété dans ses scènes érotiques et de travail, mais également de dynamisme dans ces scènes finales. Le film possède un potentiel, mais gâché par une équipe se contentant de livrer un film commercial, purement et simplement. Il est donc difficile de conseiller ce film, sauf aux réels amateurs de cinéma érotique japonais.


NOTE: 04/20
En bref: Un film érotique ne profitant jamais de ses bonnes idées, ce qui est dommage, surtout qu’il est ennuyeux.

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