Critique: Man Hunting

Publié le par Rick Jacquet

MAN HUNTING

Man Hunting

Titre original: マンハンティング 
2010 - Japon
Genre: Tueur fou
Réalisation: Yasushi Koshizaka
Musique: -
Scénario: Yasushi Koshizaka
Avec Satomi Kaneko, You Kamiyoshihara, Tôru Amamiya et Tomohiko Isomura


Une jeune fille se réveille, par terre, dans une cabane délabrée perdue en pleine forêt. Son kidnappeur ne tarde pas à arriver, le visage caché sous un grand manteau à capuche, et armé d’une arbalète. Il lui permet de s’échapper, mais la rattrape et la blesse, avant de la ramener à la cabane, où elle s’enfuit à nouveau.

Au Japon, deux modes persistent pour l’amateur de cinéma de genre. Le film de fantôme, et les films où le sang gicle par bidon de 5 litres dés qu’un bras est coupé, voir une main. Films purement d’exploitations, je dois pourtant avouer être fans des deux genres cités. Et parfois, quelques films sortent du lot. Man Hunting, sans être un chef d’œuvre, sort du lot. Mais il ne faut pas se faire d’illusions, pauvre spectateur français, le film n’est sorti qu’au Japon dans une édition non sous titrée. Si vraiment le film t’intéresse, il te faudra payer bonbon sur des sites de ventes en ligne, connaître le Japonais, ou ne te concentrer que sur les images. Dans Man Hunting, on y trouvera une fille en tenue d’écolière, mais bon, comme dans beaucoup de films de genre et même drama japonais. Mais on y trouvera aussi une forêt (le lieu principal de l’action), une cabane (bah en fait, le second lieu de l’action, perdue au milieu de la forêt), un tueur au visage caché tout le long du film (qui vraisemblablement ressemble à un vrai tueur qui aurait été en capable, si j’en crois les dires de Oli du blog Cinémat, pour ma part, je m’arrêterais à mes connaissances cinématographiques en faisant un rapprochement avec le tueur du premier Evil Dead Trap), et dans ses grandes lignes, c’est à peu prêt tout ce que le film a à nous proposer. En apparence seulement. Mais à défaut d’avoir le concept de l’année, Man Hunting se montre malgré son budget ridicule (et cela se voit parfois, mais n’oublions pas qu’il s’agît ici de V-Cinéma) très généreux et rythmé. Et on n’en attendait finalement pas plus. Car passé une petite introduction en ville de quelques minutes (pas plus de cinq) qui nous présentent les trois personnages importants de l’intrigue, notre jeune femme se réveille, par terre, dans la cabane. La porte est fermée, elle ne peut pas sortir par la fenêtre, elle ne sait pas ce qu’elle fait là, comment elle y est arrivée. Le grain de l’image, qui nous rappelle que le budget n’était pas énorme, ne dérange pas, bien qu’il soit parfois très voyant (dés que les scènes sont un peu sombres en intérieur par exemple).

C’est à peine quelques secondes ensuite que notre tueur à long manteau capuché arrive, armé de sa fidèle arbalète, dont il se servira jusqu’à la fin (en variant parfois un peu, tout de même). Il va menacer notre frêle jeune fille, qui va parvenir à s’enfuir (enfin le kidnappeur la laisse partir en fait), après qu’une fléchette de l’arbalète ne la frôle. A partir de là, la majeure partie du métrage, soit les 40 premières minutes (le film dure une heure à peine), ne sont qu’une course poursuite. Une course poursuite pour le moins étrange, parce que notre jeune fille va se faire capturer assez souvent, sera ramenée à la cabane, pour s’enfuir à nouveau et être, forcément, encore rattrapée. Là, vous serez tenté de me dire : mais quel est l’intérêt ? Soit, au début, il semble plutôt limité, mais le tout est suffisamment rythmé et sortant de tout ce que les japonais nous offrent en général dans le cinéma de genre pour attirer un tant soit peu notre attention. D’autant plus qu’il faut bien avouer qu’on éprouve un petit plaisir coupable et jouissif de votre cette jeune fille courir, se faire blesser et rattraper pour ensuite s’enfuir à nouveau et s’en prendre encore plus dans la gueule. Mais n’attendez pas des gerbes de sang à n’en plus finir, Man Hunting veut rester sobre et à peu près réaliste. Ce qui n’empêche pas qu’elle se fera transpercée par des flèches à plusieurs reprises, se fera en partie renversée par une voiture, se prendra des coups de couteaux, et marchera sur un bout de bois qui lui transperce le pied. Petit budget, mais l’ensemble rend franchement bien à l’écran. Et pour ceux qui pensent que je leur spoile tout le film, il suffira de voir la bande annonce disponible sur youtube pour voir tout ce que je vous raconte. Ce qui sera beaucoup moins réaliste finalement dans le métrage, ce sera dés que le tueur et la jeune fille s’échangent des coups de pieds. L’effet tombe à l’eau, on sent la retenue, et on voit parfois qu’ils visent à côté ou s’arrêtent avant. Dommage.

La réalisation s’avère dynamique, et ne tourne pas en rond malgré ce que l’on aurait pu craindre de ce genre de film et de ce genre d’histoire. Cette première partie passe presque comme une lettre à la poste si je puis dire. Et la seconde partie ? Et bien elle change de ton, totalement, autant visuellement que scénaristiquement. Visuellement, l’ensemble de cette seconde partie se retrouve avec un « magnifique » filtre pluie sur l’image, pas réaliste pour deux sous (et je le savais déjà, pour l’avoir essayé moi-même sur certaines de mes vidéos). Un tuyau d’arrosage en hors champ aurait mieux fonctionné, même si dans d’autres métrages, cela fonctionne (Visions of Suffering du russe Andrey Iskanov, mais son film étant totalement surréaliste, ça aide). Dans les grandes lignes, les dernières vingt minutes du métrage versent dans le Saw. Et oui. Un tueur, un piège, trois victimes, un choix. Les deux personnages vus dans l’introduction (frères de l’héroïne) se retrouvent une chaîne au pied. Leur sœur est menacée. Le seul moyen de la sauver et de se libérer, et pour cela, il faut récupérer la clé, et il y a bien entendu un compte à rebours. Pour les deux lecteurs de ce site qui auront le courage de voir le film, je n’en dirais pas plus. Man Hunting a ses défauts, mais reste appréciable voir jouissif par moment, son faible budget ne l’handicapant pas, les effets sont convaincants, le produit est bien emballé, dommage parfois que le réalisateur veuille en faire trop pour poser son ambiance en utilisant des filtres dépassés qui n’ont jamais fonctionnés (la pluie numérique).


NOTE: 13/20
En bref: Un film de V-Cinéma sympathique, bien rythmé et jouissif, bénéficiant de bons effets spéciaux (et d’un plan seins, uh uh) mais souffrant de quelques défauts lui retirant son réalisme. Dommage.

Publié dans Critiques

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