Critique: Wizard of Darkness

Publié le par Rick Jacquet

WIZARD OF DARKNESS

Wizard of darkness
Titre original: Eko eko arazaku
1995 - Japon
Genre: Fantastique
Réalisation: Shimako Sato
Musique: Mikiya Katakura
Scénario: Junki Takegami
Avec Kimika Yoshino, Miho Kanno, Shu-Ma, Naozumi Takahashi, Ryôka Yuzuki et Mio Takaki


Une jeune femme apeurée court comme une folle dans la rue. Victime d’un rituel satanique, elle finit par se faire écraser la tête par une poutre. Il s’agît de la cinquième victime d’une série de meurtres frappant la ville, et éparpillés de façon à créer une étoile à cinq branches. Au centre de cette étoile se situe une école, où la jeune Misa Kuroi arrive.

Eko Eko Azaraku est une série bien connue au Japon, puisque depuis ce premier épisode, datant de 1995, il y a eu 5 suites (Birth of the wizard, Misa the dark angel, The beginning, B-Page et R-Page), plus une série télévisée de 28 épisodes et un OAV cette année. Autant dire que la saga constitue un véritable phénomène au Japon, mais uniquement là bas, puisqu’il est difficile de trouver les films avec des sous titres anglais (ne parlons même pas de la série ou de l’OAV) et que la saga est inconnue en France. Ce premier opus date donc de 1995, et pose à merveille les bases de son univers, et ne cessera de surprendre le spectateur au fur et à mesure de sa vision, de par la diversité du programme qu’il nous propose. Dés l’introduction, plus d’un spectateur sera surprit. Une femme court dans les rues, totalement paniquée, comme poursuivie par une force invisible qu’elle seule arrive à voir. En parallèle, nous suivons un rite satanique, avec une série de personnes à capuche prononce une formule magique, en cercle, avant que l’un d’eux n’abaisse un couteau sur une poupée représentant la jeune femme… qui se prendra une poutre en pleine tête. L’effet est rapide, brutal, visuel, sans concession. Le générique peut alors apparaître, et maintenant que l’ouverture a annoncé la couleur, le film peut se concentrer un tant soit peu sur ses personnages. Misa Kuroi, l’héroïne de notre histoire (et de la saga par la même occasion), jouée ici par Kimika Yoshino (qui préservera son rôle dans le second épisode de la saga, et que l’on a pu voir dans Sky high, de Kitamura, et dans Gozu et Waru, de Takashi Miike), arrive dans sa nouvelle école, où elle n’est pas totalement inconnue, puisqu’en quelque sorte, sa réputation la précède. Les professeurs savent ce qui s’est passé dans ses anciennes écoles, et bientôt, les élèves seront au courant également. Mais dans un premier temps, Misa parviendra à s’adapter, se faisant des amis.

La première demi-heure s’intéressa donc aux personnages, non sans oublier de faire évoluer l’histoire, puisque le meurtre que nous avions vus avant le générique était le dernier d’une série de cinq, dans le but de créer une étoile à cinq branches dont l’école est située en son centre. On apprend aussi très rapidement que Misa n’est pas toute blanche, puisqu’elle se révèle être très douée en sorcellerie, mais elle ne semble point être la seule dans l’école, puisque quelqu’un d’autre pratique, et va faire passer un de ses actes horribles pour un tour de Misa. Les différents élèves vont alors se méfier d’elle, tandis que certains vont s’accrocher. Les personnages et l’intrigue, à défaut d’être originaux, s’avèrent plutôt attachants et plaisants à suivre. Heureusement, puisque certains personnages seront assez peu exploités, et certaines scènes les concernant plutôt gratuites. On pensera à ce professeur, Shirai, ayant une relation avec Kazumi, nous gratifiant de quelques scènes lesbiennes totalement gratuites, mais ne tombant jamais dans le vulgaire, et ne souffrant d’aucune longueur. Passé l’exposition des différents personnages, avec leurs disputes et craintes vis-à-vis de Misa, l’intrigue, la vraie, débute vraiment. Treize élèves se retrouvent enfermés dans le lycée, scellé par la magie noire, les empêchant de sortir. Le but, bien entendu, et de tous les sacrifier afin que la personne derrière cet acte récupère les pouvoirs de Satan.

Si dans son traitement, le film manquera parfois de crédibilité, il s’avérera généreux dans tout ce qu’il entreprendra, permettant au spectateur de passer outre la gratuité de certaines scènes (de sexe notamment) et quelques petits défauts. Car une fois l’intrigue lancée, le film ne s’arrêtera pas, nous permettant d’assister à des morts nombreuses et variées (décapitation, explosion de corps, égorgement au cutter, noyade, coup de hache) sans temps mort. Le film plutôt classique, mais sympathique, sur une histoire de magie dans un contexte lycéen s’éloigne petit à petit pour laisser place à tout autre chose, une partie bien plus sanglante, rappelant ainsi le prologue, poignant. Cette partie s’avérera particulièrement réussie, et cachera bien son jeu pour la toute dernière partie, étonnante, partant encore dans une nouvelle direction, qui aurait pu facilement tomber dans le ridicule, mais qui, grâce à de solides effets visuels et un ton décontracté, nous permet de conclure le film sur une note plus que positive. Si ce n’est pas toujours parfait, on passe au moins un bon moment, et cette saga commence de bien belle manière, constituant une série de films bien différente de ce que l’on a l’habitude de voir venant du Japon, pouvant ainsi se situer aux côtés de la saga Tomie.

 

NOTE: 14/20
En bref: Manquant parfois de crédibilité, et contenant des scènes gratuites, mais agréable, ce premier opus de la saga surprend beaucoup, et s’avère plutôt jouissif et agréable, porté par une réalisation astucieuse, une interprétation solide et de bons effets visuels.

Publié dans Critiques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article