Critique: Saw 5

Publié le par Rick Jacquet

SAW V

Saw V
2008 - Etats Unis
Budget: 10 millions $
Box office: 56 millions $
Genre: Horreur
Réalisation: David Hackl
Musique: Charlie Clouser
Scénario: Patrick Melton et Marcus Dunstan
Avec Tobin Bell, Costas Mandylor, Scott Patterson, Betsy Russell et Lyriq Bent

Le détective Hoffman a décidé de continuer l'œuvre de Jigsaw et devra tout mettre en œuvre pour protéger son secret... en éliminant tous ceux sur le point de découvrir son lien avec le tueur au puzzle...

Ah mais oui, c’est… Mais bien sur ! Hein ? Ah… Saw 5. Non bah en fait, non, vraiment. Après un désastreux quatrième opus toujours signé Darren Lynn Bousman, et écrit par les scénaristes de la trilogie Feast, voilà que débarquait l’année dernière le cinquième opus. Grand changement, Bousman laisse enfin la place à un autre réalisateur, et c’est donc David Hackl qui s’occupe de mettre en boite ce nouvel opus. Voilà qui aurait pu apporter un peu de sang frais à une saga en chute libre. Mais finalement, on ne remarque pas la différence tant le produit qui nous est proposé est similaire à ce que l’on a déjà vu depuis 5 films. Quand au scénario, n’en parlons même pas… Enfin il va bien falloir tout de même. Jigsaw est toujours mort, depuis le troisième opus, mais on ne l’a jamais autant vu à l’écran depuis. Saw 5 commence là où s’arrêtait le quatrième opus, c’est à dire à la fin du troisième film. Vous suivez ? Non ? Ce n’est pas grave, de toute manière, le scénario en lui même va un peu dans tous les sens pour nous faire croire que tout était prévu depuis le début. Du coup, en plus de se compliquer, quelques incohérences tombent par ci par là. En quelques mots, c’est le bordel, mais qu’importe. Saw 5 tente de continuer dans la direction des précédents opus, tout en s’axant surtout sur de nouveaux éléments. Ainsi, les pièges seront, dans ce film, peu nombreux, et surtout, très peu vicieux ou sanglants, à une ou deux exceptions près. L’histoire est principalement coupée en deux parties. Nous suivons d’un côté l’agent du FBI Strahm, qui survit miraculeusement au début de cet opus, dans son enquête sur les meurtres de Jigsaw. Occasion pour les scénaristes de tenter à nouveau de tout relier, notre brave agent va revenir sur les lieux des crimes de tous les précédents opus. Des liens qui ne servent pas toujours à grand chose, mais cela semble leur faire tellement plaisir qu’on ne va pas les vexer.

D’un autre côté, nous retrouvons 5 personnes enfermés, qui vont devoir subir une série de tests. En gros, rien de bien neuf à l’horizon, la même intrigue avec quelques liens en plus que l’on retrouve à chaque opus. Mais ici, l’intrigue semble vouloir prendre un tournant plus policier que horreur, les pièges sont peu nombreux (environ 4) et ne tiennent que sur une infime partie du film. Le film garde pourtant sa structure narrative si chère à la saga, parfois confuse ici, avec une scène choc en ouverture et un twist final. Bien entendu, arrivé au cinquième film, la pilule a plus de mal à passer. Outre son manque d’inventivité, ce cinquième opus souffre finalement d’un manque de rythme total (on s’ennuie parfois pas mal, il faut l’avouer). Dans la forme par contre, ça ne change pas. La réalisation est toujours aussi speed et cut qu’auparavant, le fameux thème de Charlie Clouser revient une nouvelle fois en fin de métrage. Au niveau de la photographie, on retrouve également tout ce qui a fait le succès de la saga, mais beaucoup plus de scènes se déroulent dans l’obscurité totale, juste éclairées par une lampe torche. Petit détail technique qui ne change finalement pas grand chose, il faut bien avouer. Comme dit plus haut, Jigsaw est mort depuis maintenant deux opus, mais on ne finit pas d’en apprendre toujours plus sur lui. Malheureusement, à force de vouloir beaucoup trop en expliquer, le personnage perd de son ampleur, ce qui était déjà le cas dans l’épisode précédent. Dans Saw 4, nous apprenions pourquoi il est devenu ainsi (même si dans le second opus, on nous l’expliquait par une autre raison, mais soit). Nous savions à la fin du second opus qu’il avait une apprentie, nous apprenions à la fin du quatrième qu’il en avait un autre (mais il ne fallait pas le révéler avant…), ici, nous voyons sa formation de fond en comble. Ca aurait pu fonctionner et être intéressant, mais la pauvreté de l'interprétation de Costas Mandylor n'aide pas. Qu'il soit en danger, qu'il soit énervé, ou qu'il se brosse les dents, l'acteur aura toujours la même expression.

Pas très palpitant finalement. Les scènes s’étendent en longueur de façon plus ou moins inutiles, et la saga continue de perdre de sa saveur. Le scénario cherche toujours à compliquer l’histoire, à mettre de nouvelles intrigues et personnages, et on peut facilement deviner l’histoire du sixième opus à l’avance (une boite mystérieuse que Jigsaw lègue à sa femme, la relève est assurée par un de ses apprentis et personne ne pourra se mettre sur son chemin). Au final, on se demande donc bien ce qu’il y a à sauver dans ce nouvel opus. Et bien finalement, nous ne retiendrons que deux choses, deux petites scènes au final très courtes, ce qui ne permet absolument pas de sauver le film et en fait le pire de la saga (quoi que, le 6 arrive, et le 7 sera en 3D…). Lors d’une courte scène, Jigsaw joue à un jeu avec le détective Hoffman, après l’avoir kidnappé. Cette scène, filmée très calmement d’ailleurs, est intéressante sur de nombreux points, notamment psychologique, et fonctionne d’elle même. Mais remise dans l’ensemble du métrage, elle ne fonctionne plus du tout, comme tout le reste du métrage. Pas mal de scènes peuvent fonctionner indépendamment, mais faisant parti d’un tout, ça ne marche pas. Le twist final, bien que vu et revu, est finalement bien mieux amené que celui de l’opus précédent, et s’avère finalement quelque peu jouissif. Mais attendre 1h30 avant d’avoir cela, sans pouvoir s’attacher aux personnages, l’intérêt reste mince. La saga continue sa chute libre, et la pente sera dure à remonter, si elle remonte un jour.


NOTE: 04/20
En bref: Le plus mauvais des Saw avec le 2 et le 4, une histoire convenue, complexe pour rien du tout, une absence de gore et d’inventivité qui frappe.

Publié dans Critiques

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